Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) alerte, dans ses enquêtes de conjoncture publiées le 21 juillet 2026, sur une dégradation marquée de la situation des ETI françaises (250 à 5 000 salariés). Plus d’une ETI sur deux considère que la situation de son secteur s’est détériorée au cours des douze derniers mois, tandis que seules 12,2 % perçoivent une amélioration (contre 20 % en mars 2026). Au niveau de l’activité, 44 % des ETI déclarent un carnet de commandes moins fourni qu’un an auparavant (contre moins de 30 % lors de la précédente enquête) et une entreprise sur deux fait état d’une baisse de rentabilité. Dans ce contexte, près d’une ETI sur deux se déclare inquiète pour les six prochains mois.
La situation financière se dégrade également. Les conditions de trésorerie se sont détériorées pour 46 % des ETI en un an (contre 35 % en mars), et seules 14 % signalent une amélioration. Près d’un tiers des entreprises constatent une hausse de leur endettement (contre 22 % trois mois plus tôt). Les difficultés à respecter les covenants bancaires augmentent (27 % contre 21,6 %), et la part des ETI envisageant de refinancer leur dette a doublé en trois mois, passant de 8,3 % à 16,7 %. Selon la déléguée générale adjointe du Meti, les ETI ne disposent plus du « matelas de sécurité » qui avait permis leur redressement après les précédentes crises, dans un contexte de chocs répétés et d’arbitrages budgétaires jugés défavorables.
Ces constats prolongent des signaux similaires issus d’autres travaux récents : le 16e baromètre annuel de Bpifrance Le Lab, publié le 23 juin 2026, et une étude de la Banque de France diffusée le 17 juillet 2026, qui soulignent tous deux la vulnérabilité croissante des ETI malgré une certaine résilience. Ces organismes publics et parapublics jouent ici un rôle d’observation et d’alerte conjoncturelle.
La principale conséquence identifiée porte sur l’emploi. Le solde net de créations d’emplois dans les ETI tombe à +1 189 sur le trimestre, soit une baisse de 66 % en trois mois et de 58 % par rapport à la moyenne des trois dernières années, en raison d’une forte hausse des suppressions de postes (+255 %). Les services restent le principal contributeur aux créations d’emplois, tandis que l’industrie enregistre un solde net négatif de 370 postes. Les jeunes apparaissent particulièrement touchés : plus de sept ETI sur dix ont réduit leurs recrutements d’apprentis en 2026 par rapport à 2024. Parallèlement, 54 % des entreprises interrogées estiment que la hausse du coût du travail, liée notamment aux revalorisations du Smic et au gel des allégements de cotisations, pèsera sur leurs décisions de recrutement, le maintien dans l’emploi et leur politique salariale. Ces éléments présentent des enjeux directs pour les politiques publiques de l’emploi, de l’insertion des jeunes et de régulation du coût du travail.(contenu résumé en français par l’IA) Lire la Suite
