L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) a publié fin juin un dossier consacré à l’emploi dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Il met en évidence une amélioration sur la dernière décennie, tout en confirmant des écarts persistants avec les territoires environnants (unités urbaines englobantes).
En 2024, seuls 49,8 % des 15-64 ans résidant en QPV sont en emploi, contre 70 % dans les unités englobantes. Le chômage y demeure plus fréquent (9,9 % des 15-64 ans, contre 5,7 % hors QPV) et l’inactivité nettement plus élevée (40,2 % contre 24,3 %), affectant en premier lieu les femmes. Si le chômage a reculé depuis 2014 dans les QPV, l’écart avec les autres territoires reste stable. L’inactivité y est, elle, restée globalement constante.
En incluant les personnes au chômage et celles situées dans le « halo du chômage » (inactifs freiné·es dans leur retour à l’emploi), 18,3 % des personnes en QPV déclarent souhaiter travailler, en particulier les hommes, les 30-49 ans et les personnes les plus diplômées.
Les jeunes de 15 à 29 ans sont particulièrement exposés au chômage, de même que les descendants d’immigrés et les personnes n’ayant pas atteint le niveau CAP-BEP. Même au niveau bac+2, le taux de chômage en QPV (11,2 %) reste plus de deux fois supérieur à celui des unités englobantes (5,4 %). Les jeunes des QPV ont un accès jugé équivalent aux études supérieures, mais sont davantage touchés par le chômage, le niveau de diplôme constituant un facteur déterminant. En 2024, 21,8 % des jeunes en QPV sont « Neet » (ni en études, ni en emploi, ni en formation), soit un taux deux fois plus élevé que dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes (11,2 %). Les jeunes immigrés sont plus concernés que les descendants d’immigrés.
L’étude souligne également une plus forte précarité de l’emploi en QPV : 8,5 % des personnes y sont en situation de sous-emploi (temps partiel subi), et les contrats à durée indéterminée (CDI) y sont moins fréquents que dans les autres quartiers. La structure des emplois se caractérise par une surreprésentation des ouvriers et employés, y compris parmi les jeunes, même si ces derniers accèdent davantage que leurs aînés à des professions intermédiaires et à des postes de cadres. Les QPV présentent enfin une concentration relativement plus importante d’emplois dans le transport et l’entreposage (6,8 % des emplois), ainsi que dans l’hébergement-restauration et les activités scientifiques et techniques.(contenu résumé en français par l’IA) Lire la Suite
