Dans la nuit du 22 au 23 janvier, une nouvelle édition de la Nuit de la Solidarité a été organisée à Paris et dans la Métropole du Grand Paris (MGP) pour dénombrer les personnes sans abri. À Paris, 1.500 citoyens et 500 professionnels, ainsi que plus de 2.200 bénévoles dans 33 communes de la MGP, ont participé à l’opération. Selon les estimations publiées dans un communiqué conjoint de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas), de la MGP et de la ville de Paris, 3.857 personnes sans abri ont été recensées dans la capitale lors de cette 9e édition. Entre 2022 et 2025, le nombre de personnes à la rue comptabilisées était déjà passé de 2.600 à 3.500, et les chiffres continuent donc d’augmenter.
La hausse constatée cette année (+350 personnes par rapport à 2025) est attribuée principalement à l’augmentation du nombre de personnes vivant en campements de plus de 20 personnes. Près d’une personne sur cinq (721) a été recensée dans de tels groupes. Le nombre de campements identifiés à Paris est passé de 7 en 2025 à 16 cette année. Par ailleurs, la proportion de femmes parmi les personnes dénombrées baisse de 14 % en 2025 à 11 % cette année, ce que les organisateurs mettent éventuellement en lien avec les opérations de mise à l’abri réalisées lors de la période de grand froid entre fin décembre et début janvier, sans toutefois pouvoir l’affirmer avec certitude.
Les modalités de repérage montrent que 70 % des personnes ont été rencontrées dans la rue et 30 % dans des « secteurs spécifiques » suivis par des professionnels (campements, parcs, bois, stations de métro, gares, parkings, hôpitaux, etc.). Les personnes mises à l’abri en hébergement d’urgence ne sont pas incluses dans ce décompte, ce qui limite la portée des chiffres à la seule population effectivement à la rue ou en extérieurs.
En dehors de Paris, 33 communes de la MGP ont participé à l’opération, dont Epinay-sur-Seine et Noisy-le-Grand pour la première fois. Sur ces territoires, 1.083 personnes sans abri ont été recensées, soit une hausse de 248 personnes par rapport à l’an dernier (+32 %). Parmi elles, 60 % ont été rencontrées dans les rues et 40 % sur des secteurs spécifiques (en particulier campements ou installations le long de l’A86, La Défense, parkings souterrains). Les communes les plus concernées sont notamment Saint-Denis (395 personnes, dont 254 en groupes de 20 personnes), Saint-Ouen (133 personnes, dont 100 dans un campement), ainsi que Bobigny, Pantin et Noisy-le-Grand. À l’inverse, certaines communes apparaissent très peu exposées (moins de dix personnes recensées : Rueil, Epinay, Vincennes, Alfortville, Montrouge) ou pas du tout (aucune personne rencontrée à Chaville, Livry-Gargan, Villeneuve-la-Garenne et Villetaneuse).
En dehors de l’Île-de-France, plusieurs villes de région participent également à la démarche de la Nuit de la Solidarité (15 en 2023), mais aucune donnée chiffrée consolidée n’est encore disponible à ce stade, ce qui limite les possibilités de comparaison nationale. L’ensemble de ces résultats met en évidence une augmentation du nombre de personnes sans abri dans la capitale et dans la MGP, une concentration accrue dans des campements de grande taille et des différences marquées entre communes en termes d’exposition au sans-abrisme. Ces éléments sont pertinents pour le suivi des politiques de lutte contre l’exclusion, de mise à l’abri et d’organisation des dispositifs locaux d’accueil et de veille sociale. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
