L’Institut Terram, groupe de réflexion spécialisé dans l’étude des territoires, publie le 29 juillet une analyse intitulée « Vacances : histoire et géographie d’un droit inachevé ». Il y alerte sur la nécessité de relancer par des politiques publiques volontaristes le droit effectif aux vacances pour tous, dans un contexte où la France, première destination touristique mondiale avec 102 millions de visiteurs étrangers en 2025, enregistre un taux de départ en vacances des résidents qui stagne autour de 60 % depuis le début des années 1980.
L’étude souligne que cette situation affecte particulièrement les ménages les plus modestes : 56 % des enfants de ces foyers ne partent jamais en vacances. En 2025, environ 9,5 millions de personnes étaient en non-départ contraint pour des raisons financières. Les auteurs mettent en évidence un décalage entre la puissance de « l’appareil touristique » national et l’accès réel de la population aux vacances.
Ils décrivent une montée en gamme de l’offre touristique, soutenue par les collectivités à partir des années 2000 au nom de la « productivité touristique » et de la recherche de valeur par visiteur. Entre autres évolutions, le nombre d’hôtels 1 et 2 étoiles a reculé de 41,7 % en dix ans, tandis que les établissements 4 et 5 étoiles ont progressé de plus de 55 %, un phénomène similaire concernant les campings. L’offre urbaine s’est développée à partir des années 1980 sans politique nationale structurée, l’État laissant une large marge de manœuvre aux collectivités. Parallèlement, l’essor des locations entre particuliers via des plateformes mondiales comme Airbnb est présenté comme se développant en dehors de toute politique publique.
Les auteurs soulignent aussi le rôle des contraintes calendaires : les congés sont largement déterminés par le calendrier scolaire et les fermetures d’entreprises, ce qui concentre la demande sur le pic estival du mois d’août. Cette concentration renchérit les coûts d’hébergement, limite l’accès des ménages modestes, conduit à la réduction de la durée des séjours ou au renoncement pur et simple au départ.
Enfin, l’étude met en lumière l’érosion des dispositifs et patrimoines à vocation sociale. Elle mentionne la disparition progressive des aides à la pierre, décrites comme un élément central mais discret de la politique sociale des vacances et dont l’extinction a contribué à de nombreuses fermetures d’établissements du tourisme social et solidaire, y compris appartenant à des collectivités. S’ajoutent le déclin socialement marqué des colonies de vacances et la vulnérabilité climatique de certains territoires historiquement orientés vers le tourisme social, notamment la moyenne montagne, qui a perdu près d’un mois d’enneigement en cinquante ans, ainsi que certains campings et villages de vacances. L’ensemble de ces constats est présenté comme le signe d’une ambition sociale en matière de droit aux vacances qui s’est affaiblie. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
