Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) a publié le 15 juillet 2026, sur le site du ministère des Solidarités, la huitième édition de son baromètre de suivi qualitatif de la pauvreté et de l’exclusion sociale, portant sur le deuxième semestre 2025. Sur la base d’entretiens avec 122 professionnels de terrain couvrant le territoire métropolitain et une diversité de problématiques, le CNLE constate une spirale de précarisation alimentée par le désengagement public et la saturation des dispositifs d’aide et d’accompagnement. Le baromètre décrit un cercle vicieux associant difficultés financières, problèmes de logement, dégradation de la santé, éloignement de l’emploi et aggravation de la pauvreté.
L’étude souligne que des catégories de population de plus en plus diverses – travailleurs pauvres, familles monoparentales, étudiants, retraités modestes, jeunes actifs – sont économiquement fragilisées, avec des situations d’impayés, de surendettement, des arbitrages contraints sur les dépenses essentielles et un épuisement des solidarités familiales et associatives. La situation est qualifiée de critique en matière de logement et tendue sur le front de l’emploi, notamment pour les conseillers de France Travail confrontés à des bénéficiaires du RSA soumis à une obligation d’inscription alors qu’ils ne sont pas en insertion professionnelle. Le baromètre relève également une dégradation de la santé mentale et une montée des tensions sociales et institutionnelles.
Ces constats qualitatifs interviennent dans un contexte éclairé par les données quantitatives de l’Insee sur les niveaux de vie et la pauvreté en 2024, publiées le 9 juillet 2026. Après une hausse marquée en 2023, le taux de pauvreté monétaire s’est stabilisé en 2024 à 15,4 % en France métropolitaine, soit son plus haut niveau depuis 1996, ce qui représente 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 60 % du revenu médian (moins de 1 337 euros par mois et par unité de consommation). L’Insee relève que, si le taux de pauvreté des retraités diminue et revient au niveau de celui des actifs (10,4 %), les chômeurs et les familles monoparentales restent les plus exposés. Cette stabilisation du taux de pauvreté intervient dans un contexte de hausse des niveaux de vie pour l’ensemble de la population (de 1,7 % pour les plus modestes et de 1,4 % pour les plus aisés), liée notamment au reflux de l’inflation en 2024 et aux revalorisations des retraites, des salaires et des prestations sociales. Le Centre mentionné dans la source rappelle que le taux de pauvreté est en augmentation en France depuis le début des années 2000. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
