Le 15 juillet 2026, six personnalités du monde hospitalier ont remis à la ministre de la Santé, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, un rapport sur les urgences intitulé « Alternatives et aval des urgences : ou comment le système de santé peut-il prendre le virage du vieillissement de la population et des polypathologies ». Ce rapport s’inscrit dans la stratégie ministérielle présentée en juin 2026 visant à réduire de moitié, soit de 4 millions, les 8 millions de passages annuels jugés « évitables » aux urgences, sur un total de 20 millions de passages.
Les auteurs estiment que les difficultés actuelles des services d’urgences ne pourront pas être résolues par une simple optimisation de l’offre existante. Ils concluent à une « inadéquation structurelle » de l’ensemble du système de santé (hospitalier et ambulatoire, public et libéral) face aux effets du vieillissement de la population, à l’augmentation des multimorbidités et à la forte progression des maladies chroniques. Ils rejoignent ainsi le constat déjà formulé par d’autres acteurs, notamment la Fédération hospitalière de France.
Le rapport souligne que le vieillissement a été insuffisamment anticipé dans les organisations et que l’intrication croissante entre dimensions sanitaires et médico-sociales multiplie les ruptures de parcours, générant des points d’engorgement et une perte de maîtrise des flux. Il met également en avant une inadéquation des ressources humaines : survalorisation d’une médecine hyperspécialisée au détriment d’une approche plus globale (dont la gériatrie), diminution du temps médical disponible alors que les besoins augmentent, et manque de reconnaissance des métiers paramédicaux et d’accompagnement autour du grand âge.
Face à ces constats, la mission recommande de faire des parcours des personnes âgées une priorité absolue, en rendant obligatoire, dans tous les territoires, l’élaboration d’un « projet territorial pour la personne âgée ». Ce projet doit associer l’ensemble des acteurs concernés et s’appuyer sur des outils partagés, notamment pour la détection précoce des fragilités. Le rapport préconise de confier le fonctionnement opérationnel de cette coordination territoriale aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), afin de renforcer leur rôle dans l’organisation d’ensemble de la prise en charge des personnes âgées et la prévention du recours inadapté aux urgences. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
