Le thermalisme : un modèle appelé à évoluer ?

Lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, la question du niveau de remboursement des cures thermales par l’assurance maladie a été de nouveau mise en débat. Le gouvernement a inscrit ce sujet dans une logique générale de « recentrage » des prises en charge sur les soins jugés les plus efficients. Dans ce cadre, plusieurs députées, dont Nicole Dubré-Chirat (EPR, Maine-et-Loire), ont déposé un amendement visant à supprimer le remboursement des cures thermales, sauf lorsqu’elles sont prescrites en complément d’un traitement pour les patients en affection de longue durée, atteints de pathologies graves ou invalidantes, ou présentant des troubles du développement de l’enfant. Les auteurs de l’amendement soulignaient que la France est l’un des derniers pays de l’OCDE à rembourser largement les cures thermales pour une liste de douze affections éligibles, et estimaient que la mesure permettrait une économie de plusieurs dizaines de millions d’euros par an.

Cet amendement a été rejeté à l’issue d’une mobilisation importante de parlementaires, d’élus locaux et d’acteurs du thermalisme. Le député Denis Fégné (socialiste, Hautes-Pyrénées), président du groupe d’études « thermalisme » de l’Assemblée nationale, a notamment lancé une pétition ayant recueilli plus de 120.000 signatures. Parallèlement, dans un courrier du 5 novembre 2025, onze présidents de région, au travers de Régions de France, ont alerté le Premier ministre sur les risques d’un déremboursement des cures thermales pour les patients et pour les territoires. Les régions ont rappelé que les dépenses de l’assurance maladie liées aux cures thermales sont estimées entre 250 et 350 millions d’euros par an, soit moins de 0,2 % des dépenses totales, et ont mis en avant le risque de « coûts différés » plus élevés en cas de déremboursement, en raison du report vers des alternatives jugées moins efficaces et plus coûteuses (traitements médicamenteux chroniques, kinésithérapies répétées, hospitalisations).

Sur le plan territorial et socio-économique, les acteurs mobilisés ont insisté sur la dépendance de nombreuses communes de moins de 10.000 habitants à l’activité thermale. En 2024, 471.000 personnes ont suivi une cure sur prescription médicale, générant des retombées économiques qualifiées de « centaines de millions d’euros » et « des dizaines de milliers d’emplois » pour ces territoires. Ces enjeux sanitaires, économiques et d’aménagement du territoire ont été de nouveau discutés à l’Assemblée nationale le 27 mai 2026 lors d’une troisième journée parlementaire consacrée au thermalisme. L’ensemble du débat met en évidence une tension entre l’objectif de maîtrise des dépenses d’assurance maladie, l’évaluation de l’efficience des cures thermales, leur place singulière dans le paysage international (comparaison avec les autres pays de l’OCDE) et la préservation d’activités économiques et d’emplois localisés dans des territoires souvent fragiles. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite

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