Le secteur social et médico-social à but non lucratif a besoin de 7 milliards supplémentaires.

À l’approche de l’élection présidentielle, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), la CFDT et l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux) ont rendu publique une étude du cabinet Syndex sur la situation financière et salariale des associations du secteur sanitaire, social, médico-social et de l’aide à domicile. Ces organisations, qui fédèrent employeurs et associations du secteur non lucratif, alertent sur l’insoutenabilité du niveau actuel de financement public et sur les risques pour l’emploi et la continuité des accompagnements.

Syndex évalue les besoins supplémentaires de financement à 13 milliards d’euros bruts par an pour rattraper la perte de pouvoir d’achat des 1,26 million de salariés du secteur, ce qui représenterait un coût net de 3 milliards d’euros pour les finances publiques après prise en compte des cotisations et impôts. Le cabinet estime par ailleurs qu’il faudrait 7 milliards d’euros bruts supplémentaires (4 milliards en net) pour rétablir un excédent brut d’exploitation suffisant afin de rembourser les emprunts et renouveler les équipements, condition présentée comme nécessaire à la pérennité des établissements.

L’étude met en évidence un important décrochage salarial par rapport au reste du secteur privé. Les salariés de l’aide à domicile perçoivent un salaire net moyen équivalent temps plein de 1 840 euros, contre 2 780 euros en moyenne nationale dans le secteur privé, soit un écart de –33 %. Les professionnels du médico-social ayant bénéficié des revalorisations du Ségur restent également en dessous de la moyenne du privé, avec 2 284 euros nets en équivalent temps plein (–18 %). Les organisations rapportent des difficultés sociales marquées pour certains salariés (impossibilité de vivre de leur salaire, renoncement à des déplacements en raison de leur coût).

Les acteurs représentatifs du secteur signalent des tensions croissantes sur la viabilité économique de nombreuses structures : mise en redressement judiciaire de certains organismes (comme l’œuvre de la Croix Saint-Simon à Paris), lancement de plans sociaux dans de grandes associations nationales (Secours catholique, Association des paralysés de France), et premiers signes de recul de l’emploi dans l’aide à domicile. Selon l’Udes, le maintien du niveau actuel de financement ne permettrait plus d’assurer durablement les missions des organismes privés non lucratifs.

L’Udes, la CFDT et l’Uniopss considèrent qu’en l’absence de réponses structurelles, les associations sont déjà conduites à des arbitrages budgétaires susceptibles de dégrader la qualité et l’accessibilité des accompagnements, avec un risque identifié d’accentuation des inégalités territoriales. Elles appellent les pouvoirs publics à des engagements politiques « clairs » portant sur un financement pérenne et pluriannuel à la hauteur des besoins, un plan d’amélioration de l’attractivité des métiers, et une gouvernance renouvelée des politiques publiques, associant l’ensemble des parties prenantes. Aucun calendrier ni modalité opérationnelle précise n’est toutefois indiqué dans la source. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite

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