Un article publié dans la Revue internationale du Travail et présenté sur le site de l’Organisation internationale du Travail (OIT) analyse le fonctionnement des plateformes de travail numérique spécialisées dans les services juridiques et montre qu’elles reproduisent des inégalités de genre déjà observées dans les cabinets d’avocats traditionnels. Bien que ces plateformes se présentent comme moins hiérarchiques et plus ouvertes que les structures classiques, la recherche met en évidence la persistance de déséquilibres entre femmes et hommes.
L’étude souligne que la dématérialisation des prestations juridiques et l’organisation du travail via des plateformes ne suffisent pas à corriger les inégalités de genre. Au contraire, des mécanismes plus difficiles à percevoir, liés notamment à la structuration des tâches, des opportunités et des relations professionnelles sur les plateformes, tendent à reproduire des formes de segmentation du travail et de différenciation des trajectoires professionnelles entre femmes et hommes.
L’analyse met en avant l’importance des modalités de gouvernance des plateformes et de leurs règles de fonctionnement (attribution des missions, visibilité des profils, évaluation des prestations) dans la reproduction de ces inégalités. Elle pose des enjeux de politique publique en matière de travail et d’emploi, en particulier sur la régulation du travail de plateforme dans les professions juridiques, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et la prévention de nouvelles formes d’iniquité dans l’accès aux opportunités et à la progression de carrière. L’OIT apparaît comme l’acteur institutionnel porteur de cette réflexion, dans une perspective internationale de suivi des effets des transformations numériques du travail sur les inégalités de genre. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
