Sexe, genre et santé au travail (dossier)

Le dossier présenté dans la revue Santé & travail (n°133, juillet 2026) analyse les effets genrés du travail sur la santé et constate que ces effets demeurent largement sous‑pris en compte dans les pratiques de prévention en entreprise, malgré une obligation légale en vigueur depuis 2014. Cette obligation impose aux entreprises d’évaluer les risques professionnels en tenant compte des effets différenciés du travail selon le genre. Les autrices et auteurs signalent que, faute de formation et de méthodes partagées, les acteurs de la prévention disposent rarement d’outils pour observer le travail « à travers les lunettes du genre ».

Le dossier documente de premières expérimentations visant à transformer l’organisation du travail en corrigeant les biais de genre, sans réduire les femmes à leur seule dimension biologique. Il présente notamment des démarches d’employeurs qui interrogent leurs modes d’organisation et de prévention à partir de cette perspective, ainsi que l’exemple d’une collectivité publique qui répond aux enjeux de santé menstruelle et reproductive de ses agentes via des aménagements de poste prescrits par le médecin du travail. Ces pratiques illustrent une prise en compte plus fine de certains besoins spécifiques liés à la santé des femmes au travail.

Le dossier met également l’accent sur le rôle des représentants du personnel, fréquemment en première ligne sur ces sujets, mais qui ne disposent pas toujours des compétences et repères nécessaires pour éviter certains écueils. L’universitaire québécoise Karen Messing souligne en particulier le risque qu’une quête d’égalité strictement formelle, appliquée sans nuance, engendre de nouvelles formes d’exclusion au détriment des femmes. Elle défend une approche centrée sur la recherche d’équité, qui consiste à élargir l’analyse aux pénibilités, aux expositions cumulées et aux risques psychosociaux, afin de renforcer la prévention pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Le dossier met ainsi en avant les enjeux de politiques de prévention intégrant systématiquement la dimension de genre, tout en rappelant les limites actuelles en termes de mise en œuvre (manque de formation, d’outillage méthodologique et d’appropriation de la loi de 2014 par les acteurs de terrain). (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite​

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