Des chercheurs de l’Inserm et de l’Université d’Évry Paris-Saclay, au sein d’I-Stem (UMR861 Inserm/Université d’Évry Paris-Saclay), ont mis au point une méthode de « pharmacologie inverse » visant à optimiser le repérage de nouvelles indications thérapeutiques pour des médicaments déjà autorisés. Cette approche consiste à établir une cartographie détaillée des effets biologiques de ces médicaments sur des cellules saines (expression génique, fonctionnement cellulaire, réponse immunitaire), puis à comparer ces signatures aux mécanismes observés dans des maladies données, plutôt qu’à tester directement, une par une, des molécules sur des modèles pathologiques.
Les équipes dirigées par Cécile Martinat, avec le groupe de Sandrine Baghdoyan, ont appliqué cette méthode à un panel de 50 médicaments caractérisés par un large spectre d’action et un profil d’effets secondaires limité. Les effets de ces médicaments sur l’expression de l’ensemble des gènes ont été mesurés et comparés. Plus de la moitié de ces composés se sont révélés modifier significativement l’activité de gènes, dont certains sont impliqués dans des pathologies.
Les premiers résultats, publiés dans la revue scientifique Stem Cell Reports, indiquent que la prazosine, médicament actuellement utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle, pourrait présenter un intérêt thérapeutique pour deux maladies neurodégénératives : la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et la dégénérescence fronto-temporale (FTD). Dans certaines formes de ces maladies, des mutations du gène SQSTM1 entraînent une diminution de la protéine homonyme, impliquée dans l’autophagie, mécanisme de nettoyage et de recyclage des composants cellulaires. Les chercheurs ont observé que la prazosine augmente l’expression de cette protéine et réactive plusieurs voies moléculaires liées à l’autophagie, suggérant une possible restauration de ce mécanisme.
Cette démarche illustre un potentiel de repositionnement de médicaments existants pour des maladies neurodégénératives graves, en s’appuyant sur des outils de biologie moléculaire et de profilage d’expression génique. Elle pourrait, à terme, contribuer à accélérer l’identification de nouvelles options thérapeutiques, tout en s’appuyant sur des molécules déjà connues en termes de tolérance et de sécurité, sous réserve de confirmations ultérieures. Le texte ne précise toutefois ni calendrier, ni étapes réglementaires ou cliniques ultérieures, ni impacts immédiats sur les politiques de santé. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
