Le document présente une analyse de l’articulation entre deux expérimentations françaises en santé, financées et conduites en parallèle : le dispositif Ipep et l’expérimentation « Responsabilité populationnelle » (RP) portée par la Fédération hospitalière de France (FHF). La FHF, en tant que fédération professionnelle nationale des établissements hospitaliers publics, cherche à utiliser la RP comme levier pour contribuer à redéfinir les modalités d’élaboration des politiques publiques de santé et pour accélérer les transformations de l’hôpital.
L’expérimentation RP est conçue comme une démarche territoriale centrée sur la responsabilité d’un groupement hospitalier de territoire (GHT) vis-à-vis de l’état de santé d’une population définie. Elle s’appuie sur la coopération entre acteurs de santé et sur une approche de santé publique locale. Ipep, de son côté, constitue une source de financement mobilisée pour soutenir la mise en œuvre de cette autre expérimentation, tout en reposant sur des principes et des règles propres.
Le texte souligne que les deux expérimentations coexistent sans véritable dialogue ni intégration méthodologique. Les populations de référence sont calculées selon des méthodes différentes, ce qui produit deux modèles de ciblage et de suivi de la population. Les règles du jeu d’Ipep ont été adaptées pour permettre leur utilisation par la FHF, mais cette adaptation apparaît comme un mouvement unilatéral, sans réelle co-construction entre les dispositifs. Les porteurs de projets au sein de la FHF se concentrent prioritairement sur la RP au niveau du territoire de GHT, reléguant Ipep à un rôle surtout financier et instrumentaire.
Au niveau local, ces dispositifs servent néanmoins de cadre à l’initiation ou à la poursuite de démarches de santé publique territoriales. Celles-ci sont qualifiées de pionnières, structurées par les processus expérimentaux Ipep et RP mais insérées dans des dispositifs locaux déjà existants. Elles reposent sur la proximité géographique des acteurs, sur la circulation des professionnels entre institutions et sur la multiplicité de leurs positions sur le territoire, ce qui favorise les interconnexions mais allonge les temps de mise en œuvre. Le texte insiste sur le caractère long de ces processus, qui dépassent un simple travail de « tricotage » territorial et supposent une transformation plus profonde du secteur hospitalier.
Un point central pour les politiques de ressources humaines en santé est le rôle des infirmières, présenté comme en pleine évolution. Celles-ci sont engagées dans des activités d’organisation et de coordination, souvent perçues comme administratives, ainsi que dans la coordination des parcours des patients, le dépistage et l’éducation thérapeutique. Le document met en évidence la diversification de leurs fonctions, en lien avec les trajectoires professionnelles individuelles et les spécificités des territoires. Cette évolution questionne la répartition des tâches, la reconnaissance des compétences et les modalités de formation et d’accompagnement de cette profession au cœur des transformations hospitalières et territoriales. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
