L’Observatoire des inégalités, à partir de données de l’Insee sur le secteur privé, analyse l’évolution des hauts et très hauts salaires en France entre 1994 et 2024. Le salaire net mensuel en équivalent temps plein permettant d’entrer dans les 10 % des salariés les mieux rémunérés est passé de 3 875 euros en 1994 à 4 285 euros en 2024, soit une hausse de 11 % en euros constants, équivalant à 410 euros de plus par mois. Les seuils d’entrée dans les 5 % et le 1 % les mieux payés ont augmenté respectivement de 7 % et 6 % sur la même période, ce qui représente pour le 1 % supérieur un gain d’au moins 590 euros mensuels, soit un accroissement environ deux fois plus important que celui du salaire médian.
L’analyse distingue trois décennies. Entre 1994 et 2014, les deux premières décennies sont marquées par une forte progression des très hauts salaires : le seuil du 1 % le mieux rémunéré a augmenté de plus de 900 euros mensuels en 20 ans. Sur la période 1994-2004, le salaire médian a gagné 73 euros, le seuil des 10 % les mieux payés 144 euros, celui des 5 % 151 euros et celui du 1 % 436 euros. Entre 2004 et 2014, ces gains ont été de 98 euros pour le salaire médian, 216 euros pour les 10 %, 251 euros pour les 5 % et 485 euros pour le 1 %.
Depuis 2014, la dynamique est différente. Sur la période 2014-2024, le salaire médian continue de progresser (+68 euros en euros constants), de même que le seuil des 10 % les mieux rémunérés (+50 euros). En revanche, les seuils des 5 % et du 1 % diminuent respectivement de 43 euros et 331 euros, en pouvoir d’achat. Les salaires situés au sommet de l’échelle cessent ainsi de gagner en pouvoir d’achat à partir de 2018 et, au cours des dernières années, augmentent moins vite que l’inflation. Cette évolution est liée notamment à la composition des très hauts salaires, qui incluent une part variable importante (primes, bonus) susceptible de fluctuer fortement selon la conjoncture économique et la performance des entreprises.
Malgré ce repli relatif au sein du 1 % supérieur, l’Observatoire des inégalités souligne que les rémunérations des plus hauts dirigeants continuent d’atteindre des niveaux très élevés. En se concentrant sur le sommet de la distribution, les 1 000 postes les mieux rémunérés ont perçu en moyenne 115 000 euros nets par mois en 2023, soit 19 000 euros de plus qu’en 2019. Les 100 plus hauts salaires dépassent, quant à eux, 300 000 euros mensuels. Ces constats mettent en évidence une stabilisation ou un léger recul des très hauts salaires dans leur ensemble depuis la fin des années 2010, tout en montrant que les rémunérations d’une fraction très restreinte de dirigeants continuent d’augmenter fortement. Ces éléments sont pertinents pour le suivi des inégalités de revenus et des dynamiques salariales au sein du secteur privé. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
