Une exposition élevée et persistante au bruit routier au début de l’enfance est associée à un risque accru de difficultés émotionnelles et relationnelles à 10 ans

En Europe, plus d’une personne sur cinq est exposée de manière chronique à des niveaux de bruit de transport considérés comme nocifs pour la santé, le trafic routier étant la principale source. Le bruit environnemental est présenté comme un enjeu majeur de santé publique en raison de ses effets cardiovasculaires, métaboliques et mentaux. Une exposition aiguë peut perturber le sommeil, provoquer fatigue physique et mentale, et déclencher des réponses physiologiques de stress (augmentation de la sécrétion de cortisol et de catécholamines). Lorsque cette exposition se prolonge, ces mécanismes de stress peuvent rester activés dans la durée, avec des conséquences possibles sur le bien‑être, les fonctions cognitives et la santé mentale. Les enfants sont décrits comme potentiellement plus vulnérables, compte tenu de leur développement en cours et de capacités d’adaptation plus limitées que celles des adultes.

Dans ce contexte, une nouvelle étude de l’Inserm et de Sorbonne Université, réalisée au sein de l’Institut Sorbonne de santé publique, analyse l’impact du bruit résidentiel lié aux transports (routier, aérien, ferroviaire) sur la santé mentale des enfants. Cette recherche s’appuie sur la cohorte française Elfe, qui suit près de 8 000 enfants depuis la naissance jusqu’à l’âge de 10 ans et demi. Les adresses de domicile ont été recueillies à 2 mois, 3 ans et demi et 5 ans et demi. À partir de données publiques et de travaux de modélisation, les chercheurs ont estimé l’exposition moyenne au bruit à chaque domicile pour ces trois périodes.

Les résultats, publiés dans The Lancet Public Health, suggèrent une association entre une exposition résidentielle prolongée à des niveaux élevés de bruit routier au début de la vie (jusqu’à 5 ans et demi) et des niveaux plus élevés de symptômes internalisés (troubles émotionnels tournés vers l’intérieur, tels qu’anxiété ou tristesse) à l’âge de 10 ans et demi. L’étude porte spécifiquement sur les troubles émotionnels et comportementaux de l’enfant et met en évidence un lien avec le bruit routier, alors que le texte ne détaille pas de résultats pour le bruit aérien ou ferroviaire. Elle confirme l’importance de prendre en compte le bruit de transport, en particulier le trafic routier, comme facteur de risque potentiel pour la santé mentale des enfants, dans une perspective de prévention et de réduction des expositions environnementales. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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