Le Premier ministre a chargé l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF) d’une mission visant à établir un état des lieux du temps de travail des médecins exerçant en ville et à l’hôpital. Cette mission, conduite notamment par François Auvigne, Rémy Slove, Léonore Lafargue, Olivier Pernet-Coudrier, Noémie Carlier (IGF), Thomas Le Ludec et Sophie Lebret (IGAS), avait pour objectifs de recenser les données disponibles, d’analyser les évolutions du temps de travail médical, d’identifier les dispositifs d’optimisation existants et d’examiner l’organisation ainsi que le pilotage du temps de travail dans les hôpitaux publics. Le rapport correspondant, intitulé « Temps de travail des médecins » (rapport IGAS-IGF, 2026), a été publié.
La mission constate d’abord un déficit de connaissance consolidée du temps de travail des médecins. Les données actuellement disponibles permettent de suivre les effectifs et l’activité, mais ne permettent pas de mesurer de manière globale le temps de travail d’un médecin en intégrant l’ensemble de ses activités et de ses modes d’exercice (libéral, salarié ou mixte). Cette lacune est identifiée comme un enjeu croissant pour évaluer le temps médical effectivement disponible et adapter l’organisation de l’offre de soins.
Les enquêtes existantes mettent en évidence une diminution du temps de travail déclaré au cours des dernières années, particulièrement documentée pour les médecins libéraux. L’analyse réalisée par la mission à partir des données de l’Assurance maladie montre qu’entre 2021 et 2025, le nombre de jours d’exercice libéral a diminué de 3 % à 8 % selon les spécialités. Toutefois, cette baisse ne se traduit pas automatiquement par une diminution équivalente de l’offre de soins, l’activité ayant tendance à s’intensifier et à se concentrer sur un nombre plus réduit de journées.
S’agissant des hôpitaux publics, le rapport souligne que le pilotage du temps médical reste insuffisamment structuré et que la réglementation en vigueur n’est pas appliquée de manière systématique. Parallèlement, les établissements recourent de façon accrue aux dispositifs destinés à compenser les déficits de temps médical, en particulier le temps de travail additionnel et l’intérim médical. La mission met en avant la nécessité de mieux organiser et piloter la ressource médicale, tant au niveau des établissements qu’à l’échelle des territoires.
Les recommandations du rapport s’articulent autour de trois orientations principales : améliorer la connaissance du temps de travail des médecins par un meilleur usage des données disponibles ; mieux dimensionner et piloter la ressource médicale, en particulier dans les hôpitaux publics et à l’échelle territoriale ; évaluer et développer les organisations, les coopérations professionnelles et les outils numériques susceptibles d’augmenter le temps médical effectivement consacré aux patients. Le rapport insiste sur la structuration et la gouvernance du temps médical comme leviers de régulation de l’offre de soins, tout en rappelant les limites actuelles de la connaissance statistique et de l’application réglementaire. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
