La précarité professionnelle est définie principalement comme l’instabilité de l’emploi liée au statut juridique du salarié, en particulier les contrats à durée déterminée (CDD), l’intérim et, de manière plus discutée, les contrats d’apprentissage. Elle renvoie aussi à une précarité liée à l’environnement de travail, plus difficile à mesurer, notamment la taille de l’entreprise et le secteur d’activité. Les petites entreprises sont, en moyenne, plus exposées aux aléas économiques que les grandes, qui peuvent se diversifier et offrir, en cas de restructuration, des dispositifs d’accompagnement plus développés (formation, reclassement). Le secteur d’activité, selon son niveau de concurrence et sa sensibilité aux cycles économiques, constitue également un facteur de précarité, même si des situations stables peuvent exister dans de petites structures et, inversement, des salariés en CDI de grandes entreprises peuvent être licenciés rapidement dans des secteurs en difficulté.
Selon l’Insee, en 2024, 16 % de la main-d’œuvre salariée est en situation de précarité contractuelle (CDD, intérim, alternance). Ce taux moyen masque de fortes disparités selon l’âge et la qualification. La précarité touche 56 % des salariés de moins de 25 ans. Elle est beaucoup plus fréquente parmi les personnes non diplômées. Sociologiquement, elle se concentre dans les catégories populaires (ouvriers et employés). Le genre joue un rôle limité, avec toutefois une répartition différenciée des types de contrats : les femmes sont plus souvent en CDD, les hommes davantage en intérim, en lien avec la structure sectorielle de l’emploi (industrie vs services).
Certains métiers présentent des niveaux de précarité particulièrement élevés : surveillants d’établissements scolaires (73 % de salariés en situation précaire), aides médico-psychologiques (55 %), manutentionnaires (43 %), ouvriers non qualifiés du bâtiment (42 %) et animateurs socioculturels (40 %). La part de salariés précaires y est qualifiée de considérable. La précarité professionnelle ne se limite toutefois pas au salariat : elle concerne aussi les travailleurs non salariés (travailleurs indépendants, pigistes, commerçants, professions libérales, artisans, agriculteurs, chefs d’entreprise), au sein desquels existent de fortes inégalités de situation. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
