L’Observatoire des inégalités, à partir des données 2024 de l’Insee, constate une hausse durable de la pauvreté monétaire en France depuis le milieu des années 2000. En 2024, 5,6 millions de personnes sont pauvres au seuil fixé à 50 % du niveau de vie médian (taux de pauvreté de 8,8 %) et 9,8 millions au seuil de 60 % (taux de 15,4 %). Au seuil de grande pauvreté, fixé à 40 % du niveau de vie médian, le taux s’élevait à 2,8 % en 2004 ; il est désormais nettement supérieur, de même que les taux aux seuils de 50 % (6,8 % en 2004) et 60 % (12,4 % en 2004). Depuis 2004, le nombre de personnes pauvres au seuil de 50 % a augmenté de 1,7 million, en partie du fait de la croissance démographique.
Sur longue période, après une forte baisse dans les années 1970 et 1980, le taux de pauvreté s’était stabilisé jusqu’au milieu des années 2000, avant de repartir à la hausse. L’Observatoire souligne que, comparativement aux autres pays européens, la France fait partie des États qui contiennent le moins mal la progression de la pauvreté, même si la tendance de fond est désormais clairement à l’augmentation. Ce phénomène est qualifié de profond et structurel.
Le seuil de pauvreté étant calculé en proportion du niveau de vie médian, la hausse du taux de pauvreté signifie qu’une part croissante de la population à bas revenus s’éloigne du niveau de vie des classes moyennes, sans que cela implique nécessairement un appauvrissement absolu des plus pauvres. Selon l’analyse présentée, la fracture sociale se creuse « par le bas » autant que par le haut, ce qui remet en cause l’idée selon laquelle les classes moyennes seraient les principales pénalisées en matière d’évolution des revenus.
Pour la période postérieure à 2024, l’Observatoire met en avant plusieurs facteurs susceptibles d’alimenter la hausse de la pauvreté : remontée du chômage qui détériore la situation des ménages les plus modestes, faibles revalorisations des prestations sociales, et absence de priorité gouvernementale explicite donnée à la lutte contre la pauvreté. L’organisme estime probable que la hausse de la pauvreté se soit poursuivie depuis la dernière année de données disponibles. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
