Une étude du ministère de l’Éducation nationale portant sur les données 2022 analyse, pour la première fois depuis plusieurs années, le niveau des élèves de petite section de maternelle selon leur milieu social. Elle met en évidence des écarts importants de performance dès l’entrée dans le système scolaire, dans les domaines du langage, des mathématiques et des compétences transversales.
Les enfants issus des milieux très favorisés obtiennent en moyenne un score de 270 en langage et de 273 en mathématiques, contre 238 et 237 pour les enfants de milieux défavorisés. Pour les compétences transversales (incluant notamment la mémorisation), les scores moyens sont de 264 pour les enfants très favorisés et de 242 pour ceux de milieux défavorisés. L’écart entre les groupes très favorisé et défavorisé est de 32 points en langage, 36 en mathématiques et 22 pour les compétences transversales. Les milieux favorisé et moyen se situent à des niveaux intermédiaires (par exemple, en langage : 262 pour les élèves favorisés et 249 pour les élèves de milieu moyen).
Le ministère définit quatre catégories socioprofessionnelles de référence : « très favorisé » (chefs d’entreprise de dix salariés ou plus, cadres et professions intellectuelles supérieures, instituteurs, professeurs des écoles), « favorisé » (professions intermédiaires, retraités cadres, retraités des professions intermédiaires), « moyen » (agriculteurs exploitants, artisans, commerçants et retraités correspondants, employés) et « défavorisé » (ouvriers, retraités ouvriers et employés, inactifs, notamment chômeurs).
L’étude souligne qu’il convient de rester prudent sur la mesure du niveau scolaire à un âge aussi précoce (dès trois ans), mais indique que les écarts observés sont significatifs. Elle les relie notamment à des différences d’accès aux ressources éducatives (présence de livres au domicile), à l’accompagnement parental (lecture d’histoires, limitation des écrans) et aux conditions de vie (bruit, promiscuité), qui influencent les premières acquisitions.
Selon le ministère, ces écarts initiaux marquent la suite du parcours scolaire et ont tendance à s’accentuer, notamment en raison de l’apprentissage précoce de la lecture en France par rapport à d’autres pays. Dans une perspective comparative, il est indiqué que, par rapport à d’autres pays riches, le système éducatif français apparaît moins performant pour compenser les inégalités sociales, malgré un discours affirmé en faveur de l’égalité des chances. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
