Vieillir avec le VIH: Au delà du contrôle de la charge virale

La Commission du Lancet HIV sur le vieillissement, publiée le 27 juillet et présentée à la conférence AIDS 2026 à Rio, met en évidence un vieillissement marqué de la population vivant avec le VIH. En 2025, les plus de 50 ans représentaient 29 % des personnes vivant avec le VIH, soit 11,5 millions de personnes. D’ici 2040, ce groupe devrait atteindre 20,2 millions de personnes, représentant 51 % du total, dont 96 % dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Ce basculement démographique conduit à élargir les indicateurs de succès des politiques de lutte contre le VIH au-delà de la seule suppression virale, en intégrant la capacité à penser, à marcher, à travailler et à vivre de manière autonome.

Plusieurs travaux présentés à Rio illustrent les enjeux cliniques et sociaux associés. La cohorte ELEA-Brasil, menée par l’institut INI-Fiocruz à Rio et présentée par une neuropsychologue, a évalué 624 personnes vivant avec le VIH âgées de 50 ans et plus, toutes sous traitement et avec une charge virale contrôlée. La moitié d’entre elles (50,5 %) obtiennent un score inférieur ou égal à 23 au test MoCA de dépistage cognitif. Le déclin des performances cognitives est associé à l’âge, mais aussi à la couleur de peau noire ou métisse, au sexe féminin à la naissance, à un faible niveau de scolarisation et à la présence de symptômes dépressifs, révélant des inégalités et discriminations. Il est toutefois rappelé que le test MoCA mesure une performance à un test et ne constitue pas un diagnostic de trouble cognitif.

Une étude sur la capacité musculaire, l’essai d’exercice HEALTH mené dans le Colorado et à Seattle, montre que la quantité de muscle prédit la force musculaire mais pas la performance physique globale. C’est la qualité musculaire, évaluée par l’infiltration graisseuse de la cuisse en imagerie par résonance magnétique, qui est associée à une moins bonne fonction physique. Ces résultats soulignent l’importance de combiner des mesures quantitatives et qualitatives, alors qu’une seule de ces dimensions est généralement évaluée en pratique courante.

Sur le plan de la santé mentale, une analyse conduite par Tyler Hamby harmonise les données de deux grandes cohortes, RV254 en Thaïlande et AFRICOS en Afrique subsaharienne, couvrant 3 848 personnes et près de 48 000 mesures de dépression sur seize ans. Le facteur prédictif le plus fort de la sévérité des symptômes dépressifs n’est ni l’âge ni la durée de l’infection par le VIH, mais la charge virale. Ces résultats indiquent un lien étroit entre contrôle virologique et état dépressif, dans un contexte de suivi à long terme et dans des régions à revenu faible ou intermédiaire.

L’ensemble des travaux présentés converge vers l’idée que le vieillissement des personnes vivant avec le VIH pose des enjeux multidimensionnels (cognitifs, musculaires, cardiovasculaires, psychiques) que les services de soins actuels ne prennent pas pleinement en compte. Ils soulignent la nécessité d’adapter les systèmes de santé et les indicateurs de suivi du VIH aux besoins fonctionnels, mentaux et sociaux d’une population vieillissante, en tenant compte des inégalités socio-démographiques observées. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite​

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