Le Centre d’observation de la société, à partir de données de l’Insee, observe une forte progression de la précarité de l’emploi salarié en France depuis les années 1980. En 2024, 16 % des emplois salariés sont occupés sous statut précaire (intérim, contrat à durée déterminée ou contrat d’apprentissage), un niveau deux fois supérieur à celui des années 1980. Le taux de précarité est passé d’environ 7 % au milieu des années 1980 à 13,8 % en 2000, puis 16 % en 2017. Depuis 2017, il se maintient à ce niveau élevé, sans nouvelle hausse marquée.
La précarité concerne de manière inégale les différentes catégories de salariés. Les jeunes et les personnes peu diplômées sont les plus touchés. Chez les moins de 25 ans, le taux de précarité est passé de 18,7 % en 1982 à 49 % en 1999 et dépasse depuis les 50 %, avec un pic à 58,5 % en 2016. Après une légère baisse à partir de 2017, il s’établit à 56 %. Les données incluent les contrats d’apprentissage, considérés comme précaires en raison de leur durée limitée, même s’ils s’inscrivent dans un parcours de formation.
La précarité de l’emploi progresse à la fois chez les hommes et chez les femmes. Celles-ci restent plus concernées (16,6 % de contrats précaires contre 15,2 % pour les hommes), mais l’écart entre les sexes se réduit par rapport aux années 1980 et 1990. Les écarts sont aussi marqués selon la catégorie socioprofessionnelle : 20 % des ouvriers peu qualifiés occupent un emploi précaire, soit trois fois plus que les cadres supérieurs.
Le maintien du taux de précarité à un niveau élevé dans un contexte de baisse du chômage jusqu’en 2023 est présenté comme un phénomène notable. La diminution du nombre de demandeurs d’emploi ne s’est pas traduite par une substitution significative des contrats courts par des contrats à durée indéterminée, en partie parce qu’elle s’explique par la hausse du recours aux contrats d’apprentissage, qui restent comptabilisés comme contrats précaires.
Le Centre d’observation de la société souligne les effets sociaux de la précarité du travail, notamment la réduction des horizons de vie et les difficultés d’insertion durable des jeunes dans la société, facteurs d’anxiété et de tensions sociales. La remontée du chômage depuis 2023 est signalée comme un motif d’inquiétude supplémentaire. L’enjeu de politique publique est présenté comme double : favoriser de nouveau la création d’emplois tout en garantissant une meilleure sécurité des parcours pour les travailleurs exposés à la précarité. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
