Adaptation des hôpitaux et Ehpad publics au changement climatique : la FHF demande un fonds vert de 1 milliard d’euros par an

La Fédération hospitalière de France (FHF) a dressé un bilan de l’été 2026, marqué par 52 jours de canicule intense, des incendies d’ampleur exceptionnelle et plus de 7 300 décès en excès. Elle souligne que les hôpitaux et les établissements médicosociaux publics ont maintenu la continuité des soins et de l’accompagnement malgré des tensions fortes, en recourant notamment à l’ouverture rapide de capacités supplémentaires (ex. : 200 lits ouverts en 48 heures au CHU de Bordeaux), à l’évacuation nocturne d’Ehpad et à des renforts temporaires et heures supplémentaires pour faire face à la hausse d’activité.

Selon une enquête du réseau Samu-Urgences de France, relayée par la FHF, la température médiane mesurée dans les services d’urgence des établissements répondants atteignait 32 °C, niveau jugé problématique à la fois pour la sécurité des patients (surmortalité constatée) et pour les conditions de travail des professionnels. La FHF met en avant plusieurs difficultés structurelles : inadaptation des bâtiments aux fortes chaleurs, difficultés d’accès aux lits d’aval, dégradation de la réponse de la médecine de ville et des transports sanitaires.

Face à cette situation, la FHF rappelle l’enveloppe d’urgence de 100 millions d’euros débloquée pour l’acquisition d’équipements de rafraîchissement, mais juge cette réponse insuffisante. Elle propose la création, à partir de 2027, d’un « fonds vert » dédié de 1 milliard d’euros par an, hors Ondam, pour financer l’adaptation au changement climatique des hôpitaux publics, des établissements médicosociaux et des facultés de santé. Elle s’appuie sur une estimation de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui évalue entre 27 et 67 milliards d’euros, sur la période 2025-2050, les besoins d’investissements en rénovation énergétique, soit 1 à 2,5 milliards d’euros par an.

Sur le plan financier, la FHF alerte sur la fragilisation de la trésorerie des établissements publics de santé. Si le déficit global des hôpitaux publics aurait reculé à environ 2,3 milliards d’euros en 2025 (contre 2,9 milliards en 2024), l’accumulation des déficits successifs épuise la trésorerie, entraînant des retards de paiement aux fournisseurs et des reports de décisions d’investissement. La FHF estime que cette situation ne relève plus seulement d’un enjeu comptable, mais affecte la capacité opérationnelle des établissements. Elle appelle en conséquence à un renforcement des moyens financiers pour sécuriser la trésorerie et permettre les investissements nécessaires à l’adaptation climatique. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite

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