Un rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale de l’administration (IGA) analyse les conditions dans lesquelles l’intelligence artificielle (IA), en particulier l’IA générative et les agents, peut améliorer durablement les services publics, la qualité du travail des agents et l’efficacité des politiques publiques. Il constate que l’adoption de l’IA dans les administrations publiques françaises (État et opérateurs, collectivités territoriales, organismes de sécurité sociale, établissements de santé, France Travail) est déjà engagée mais récente, hétérogène et souvent peu coordonnée.
Les inspections relèvent un développement important de « l’IA de l’ombre », c’est‑à‑dire l’usage spontané et non encadré d’outils grand public par les agents, révélateur d’un fort intérêt mais générateur de risques en matière de sécurité, de fiabilité des résultats, d’inégalités d’accès et de protection des données. Les usages recensés couvrent des assistants généralistes, des outils spécialisés par secteur et des applications pour les fonctions support. Dans le champ social et de l’emploi, des cas d’usage observés à France Travail, dans les organismes de sécurité sociale et certains établissements de santé portent notamment sur le traitement des demandes, l’accès à l’information, la lutte contre la fraude, la gestion documentaire et l’accompagnement des usagers.
Le rapport souligne que les gains attendus ne sont pas uniquement quantitatifs et doivent être appréhendés plus largement : réduction des délais de traitement, amélioration de la qualité de service, diminution des erreurs, simplification du travail administratif, meilleure relation avec les usagers et amélioration de la qualité de vie au travail. Il insiste sur la nécessité d’aborder le déploiement de l’IA à partir du travail réel des agents, en l’inscrivant dans une démarche de transformation des organisations, des compétences et des processus, au service des agents, des usagers et de l’efficacité des politiques publiques.
Pour passer à l’échelle, les inspections recommandent une planification anticipée des emplois et des compétences intégrant l’IA, une politique de formation structurée pour l’ensemble des personnels, y compris l’encadrement et les spécialistes, et l’instauration d’un véritable dialogue social sur la technologie. Ce dialogue doit associer les agents et leurs représentants aux décisions sur les usages de l’IA, à l’évaluation de leurs effets sur les métiers, à la prévention des risques et à la réallocation des bénéfices. L’enjeu identifié n’est plus seulement l’adoption de l’IA comme outil technique, mais sa transformation en capacité collective d’amélioration des services publics, portée par l’ensemble des organisations et non uniquement par leurs services numériques. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
