L’Insee publie le 8 septembre une étude sur le poids des dépenses de carburant dans le budget des ménages en France hors Mayotte. En 2021, 2,2 millions de ménages propriétaires d’au moins une voiture, soit 10,6 % d’entre eux, ont consacré à l’achat de carburant plus d’un mois de leur revenu disponible annuel. En simulant la situation avec les prix à la pompe du printemps 2023, proches de ceux observés actuellement, l’Insee estime que 4,7 millions de ménages, soit 22,4 % des ménages motorisés, seraient concernés.
L’étude met en évidence de fortes disparités territoriales. Les ménages résidant dans les intercommunalités rurales sont plus exposés que ceux des intercommunalités urbaines : 13,5 % des ménages avec voiture y dépassent le seuil retenu, contre 9 % dans les zones urbaines, et 16,7 % dans les intercommunalités rurales non périurbaines. L’Insee souligne particulièrement une large zone allant du sud-ouest au nord-est du pays, souvent qualifiée de « diagonale du vide », ainsi que les Cévennes, une partie de l’arrière-pays provençal, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.
Au total, 723 intercommunalités sont identifiées comme particulièrement exposées. Parmi elles, 206 concentrent une situation jugée la plus critique, combinant trajets automobiles longs et faibles revenus. La plupart sont rurales et situées en périphérie de villes de taille modérée, notamment dans un continuum allant de Valenciennes à Metz, ainsi que dans les arrière-pays de métropoles comme Toulouse, Bordeaux ou Rennes. Par ailleurs, 191 intercommunalités, souvent rurales et en périphérie de villes intermédiaires (par exemple autour d’Amiens, Angers, Tours), sont surtout exposées en raison de la longueur des déplacements, leurs niveaux de revenus et de pauvreté restant proches de la moyenne nationale. Enfin, 326 intercommunalités sont principalement vulnérables du fait de niveaux de vie particulièrement faibles, surtout dans les espaces très peu denses d’Occitanie, au centre de la France, au sud des Alpes, ainsi que dans les Antilles et en Guyane.
À l’inverse, 527 intercommunalités sont classées parmi les moins exposées, principalement en Île-de-France, le long de l’axe rhodanien et dans certaines zones frontalières de l’est. Dans 178 de ces intercommunalités, les distances parcourues en voiture sont élevées, mais les revenus des ménages permettent d’absorber le coût du carburant. Il s’agit en particulier de périphéries aisées de grandes villes (autour de Paris, Nantes, Strasbourg) et de zones frontalières entre la Savoie et le Bas-Rhin.
Cette analyse de l’Insee met en lumière un risque différencié de vulnérabilité énergétique lié aux déplacements automobiles, qui touche plus fortement les territoires ruraux, les espaces très peu denses et certains outre-mer, en lien avec la combinaison de bas revenus et de fortes contraintes de mobilité. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
