Une équipe de recherche française (Inserm, Institut Pasteur, Université Lyon 1, Centre Léon-Bérard) a publié dans la revue BMC Medicine des travaux préliminaires portant sur le diagnostic de l’endométriose à partir de sang menstruel. L’endométriose est décrite comme une affection fréquente touchant environ 10 % des femmes, caractérisée par la présence de tissu de type utérin en dehors de l’utérus, avec des symptômes incluant douleurs menstruelles et pelviennes chroniques, troubles gastro-intestinaux, douleurs lors des rapports sexuels et infertilité. Le délai moyen de diagnostic est indiqué à sept ans.
Historiquement fondé sur la chirurgie avec prélèvement de tissus, le diagnostic repose désormais principalement sur l’imagerie médicale, jugée fiable mais limitée par la difficulté à détecter de petites lésions et par le faible nombre de spécialistes disponibles. Le texte souligne ainsi un enjeu majeur de santé publique : la nécessité de méthodes diagnostiques plus rapides, non invasives et plus accessibles.
Dans ce contexte, les chercheuses et chercheurs se sont intéressés au sang menstruel comme source potentielle de biomarqueurs diagnostiques. Ce sang, issu de la dégradation cyclique de l’endomètre en l’absence de fécondation, contient des cellules de type utérin (épithéliales, stromales, endothéliales, immunitaires). L’étude, menée notamment par Camille Berthelot (Inserm, Institut Pasteur) et Axelle Brulport (Inserm, laboratoire des applications thérapeutiques des ultrasons Inserm/Université Lyon 1/Centre Léon-Bérard), a analysé le sang menstruel de 10 utilisatrices de coupes menstruelles, âgées de 18 ans et plus.
Les résultats mettent en évidence un ensemble prometteur de biomarqueurs liés à des différences d’expression génique, et montrent que les cellules épithéliales présentes dans le sang menstruel des personnes atteintes d’endométriose sont celles qui présentent les différences les plus marquées par rapport aux personnes non atteintes. Ces travaux restent préliminaires mais sont présentés comme ouvrant la voie au développement d’outils diagnostiques plus rapides et non invasifs pour l’endométriose, ce qui pourrait, à terme, contribuer à réduire les délais de diagnostic et améliorer l’accès au dépistage. Les incertitudes tiennent au caractère exploratoire et encore limité de l’étude (nombre restreint de participantes, démarche principalement méthodologique). (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
