Une intersyndicale de l’enseignement supérieur a appelé à une mobilisation nationale le 15 septembre 2026 à Paris, dans plusieurs villes et dans des universités, afin de dénoncer le « sous-financement chronique » de l’État et de réclamer des financements « à la hauteur des besoins ». Selon une source proche du ministère de l’Enseignement supérieur, « on arrive au bout du système », dans un contexte où le ministre Philippe Baptiste souhaite que le statut du baccalauréat et les conditions d’accès aux études supérieures soient débattus durant la campagne présidentielle.
Le dispositif d’orientation post-bac Parcoursup est présenté comme un mécanisme de fait sélectif, en raison de l’incapacité à répondre à la demande dans certaines filières. Le nombre d’étudiants inscrits à l’université est passé de 1,3 million en 2001 à 1,6 million en 2024, alors que l’offre de places dans le secteur public n’a pas suivi. Selon France universités, plus de la moitié des universités étaient en situation déficitaire en 2025 et leurs budgets sont globalement dégradés.
Un rapport commandé par le ministère et publié en juin préconise notamment d’accroître les ressources propres des universités, avec, parmi les options, une multiplication par cinq des frais d’inscription (actuellement 178 euros en licence et 254 euros en master), ce qui générerait environ 1,5 milliard d’euros selon ses auteurs. Ces recommandations sont reprises par un rapport d’une commission d’enquête sénatoriale sur l’excellence académique, présidée par la sénatrice LR Laurence Garnier, proche du candidat à l’élection présidentielle Bruno Retailleau. Les parlementaires de gauche ont voté contre ces conclusions, rendues publiques le 9 septembre 2026.
Laurence Garnier estime que l’université française est déjà sélective mais « par l’échec » et défend la possibilité, pour les universités, de choisir le profil et le nombre de leurs étudiants. L’Association des villes universitaires de France considère qu’avant de renforcer la sélection à l’université, il serait nécessaire d’augmenter fortement le nombre de places en BTS et dans d’autres filières, notamment les écoles de la production. Celles-ci sont décrites comme des écoles techniques privées à but non lucratif formant, dès 15 ans, des jeunes sans qualification, selon une méthodologie fondée sur des mises en situation de production en lien avec des industriels partenaires.
Des syndicats étudiants et d’enseignants-chercheurs s’opposent à ces orientations, qu’ils perçoivent comme une privatisation des universités et une remise en cause de la gratuité des études, considérée comme un élément central du projet démocratique. Les enjeux identifiés pour l’action publique portent sur la soutenabilité financière du système universitaire, les modalités de sélection et d’orientation post-bac, la répartition de l’effort entre financement public et contributions des étudiants, ainsi que le développement de filières professionnelles et techniques alternatives pour les jeunes peu ou pas qualifiés. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
