La Commission européenne met en avant un ensemble de mesures visant à faire du marché unique un véritable « marché des compétences », afin de faciliter la mobilité professionnelle au sein de l’Union européenne. L’objectif central est que les personnes puissent se déplacer, travailler, progresser et accéder à la formation dans l’ensemble de l’UE sans que leurs compétences et qualifications soient bloquées aux frontières. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, insiste sur la nécessité de rendre les compétences et les qualifications compréhensibles, comparables et, le cas échéant, rapidement reconnues entre États membres, condition jugée indispensable au bon fonctionnement de la mobilité de la main‑d’œuvre.
Ce paquet de mesures associe plusieurs dimensions : portabilité des compétences, reconnaissance des qualifications, numérisation des procédures, protection sociale et mécanismes d’application. Il vise une réduction des obstacles administratifs à la mobilité, l’accélération des démarches et un renforcement de la confiance dans les marchés du travail transfrontaliers, au bénéfice des individus à la recherche d’opportunités, des employeurs en tension de recrutement et, plus largement, de l’économie européenne. Le contexte est celui de pénuries persistantes de compétences, de pressions démographiques et de transformations rapides des marchés du travail, ce qui fait de la meilleure utilisation des talents déjà présents dans l’UE une priorité économique et sociale. L’exécutive vice‑présidente Roxana Mînzatu met en avant la notion de mobilité « équitable », entendue comme la capacité à travailler dans toute l’Europe avec des droits protégés et une reconnaissance plus rapide des qualifications.
L’agence européenne Cedefop est identifiée comme un acteur clé de ce chantier à travers son initiative sur la portabilité des compétences. Ses travaux montrent que, malgré des progrès, des défis structurels persistent : application inégale des outils fondés sur les acquis d’apprentissage, procédures de reconnaissance et de validation fragmentées, faible interopérabilité entre systèmes d’information et registres, et coordination insuffisante entre acteurs de l’éducation, de la formation et du marché du travail. Cedefop souligne en particulier la nécessité de renforcer le rôle des acquis d’apprentissage comme référence commune pour la transparence, la reconnaissance, la validation et le recrutement.
Une utilisation plus cohérente des acquis d’apprentissage est présentée comme un levier pour améliorer l’interopérabilité entre différents cadres et dispositifs européens : Cadre européen des certifications (EQF), cadres nationaux de certifications (NQF), Europass, classification européenne des compétences, compétences transversales et professions (ESCO), ainsi que les nouveaux écosystèmes de certifications numériques. Cette interopérabilité vise à rendre les qualifications plus transparentes, comparables et transférables entre pays et secteurs. Ces orientations sont reliées aux travaux de longue date de Cedefop sur les cadres de certifications, la validation des apprentissages non formels et informels, les micro‑certifications, les certifications numériques et les méthodes de comparaison et de reconnaissance des qualifications de l’enseignement et de la formation professionnels, considérés comme des éléments d’infrastructure pour soutenir la mobilité équitable de la main‑d’œuvre et l’apprentissage tout au long de la vie.
Le texte conclut que l’amélioration de la portabilité et de la perméabilité des compétences et des qualifications est désormais impérative si l’UE veut se constituer en « Union des compétences », en dotant les individus de systèmes leur permettant d’exercer effectivement leurs droits à la mobilité et à la reconnaissance de leurs qualifications. Aucun calendrier précis, ni mesures réglementaires détaillées, ne sont toutefois explicités dans cet extrait. (contenu résumé par l’IA) Lire la Suite
