L’Insee a mis en évidence en 2025 une hausse de la mortalité infantile en France, après un point bas de 3,5 ‰ en 2011. Le taux a atteint 4,1 ‰ en 2024, alors que la moyenne de l’Union européenne (UE) s’établissait à 3,3 ‰. La France est ainsi passée de la 3e place européenne à la fin des années 1990 à la 23e place à partir de 2022. Dans un rapport publié en août 2026, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), intitulé « Organisation de la périnatalité dans les territoires : affirmer une logique de santé publique », qualifie cette situation de « crise », en estimant qu’en 2024 plus de 1 000 décès infantiles auraient pu être évités si la France avait atteint un taux de 2,5 ‰, comparable à celui de l’Italie et du Portugal.
L’Igas rappelle que cette évolution intervient dans un contexte de baisse séculaire de la mortalité infantile (150 ‰ en 1900), mais souligne un « déclassement » de la France du fait de la dégradation de ses résultats alors que les autres États membres de l’UE poursuivent globalement une tendance à la baisse. Les inspecteurs mettent en avant de fortes inégalités territoriales de santé, renvoyant d’abord à des inégalités sociales. En Île-de-France, le taux de mortalité infantile atteignait 4,5 ‰ en 2023, avec 3 ‰ dans les Hauts-de-Seine et le double en Seine-Saint-Denis, deux départements limitrophes aux profils de population très différents. Outre-mer, le taux est particulièrement élevé (8 ‰), mais l’Igas estime que cette surmortalité ne peut expliquer à elle seule la reprise de la mortalité infantile au niveau national.
Selon la mission, la dégradation générale est principalement liée à des facteurs populationnels affectant l’ensemble du territoire. En particulier, la part des enfants dont la mère est née hors UE est passée de 16,1 % en 2010 à 23,5 % en 2024. Ces femmes sont davantage exposées à la précarité, présentent plus souvent des problèmes de santé, bénéficient d’un suivi de grossesse moins régulier et sont plus touchées par les complications à la naissance et par le risque de mortalité maternelle. L’Igas indique que la hausse du taux de mortalité infantile observée entre 2010-2014 et 2015-2022 (près de 0,2 point, soit 0,17 point) est entièrement imputable à l’augmentation du taux chez les enfants de mères nées à l’étranger, passé de 4,5 ‰ à 5,3 ‰ sur la période, alors que le taux est resté stable à 3,3 ‰ pour les enfants de mères nées en France. L’Igas mentionne également d’autres facteurs populationnels, notamment l’évolution de l’âge maternel, sans autre précision dans l’extrait disponible. Ces constats posent des enjeux en matière de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé, d’organisation de la périnatalité et de prise en compte des déterminants sociaux et culturels dans les politiques publiques de santé. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
