Chikungunya, dengue, Zika, paludisme : des séquelles qui persistent bien après le retour de voyage

Une étude internationale de cohorte, associée au réseau de surveillance GeoSentinel et coordonnée par Davidson Hamer (Boston University) et Emilie Javelle (Hôpital d’instruction des armées Laveran, Marseille), documente pour la première fois de manière prospective l’évolution à moyen et long terme de certaines infections vectorielles contractées par des voyageurs. Publiée en mai 2026 dans le Journal of Travel Medicine, elle remet en cause l’idée selon laquelle seul le chikungunya entraînerait des séquelles durables.

Entre janvier 2016 et avril 2021, 273 adultes ayant contracté un chikungunya, une dengue, un Zika ou un paludisme à Plasmodium falciparum lors d’un séjour à l’étranger ont été inclus dans quinze centres situés en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Les patients étaient recrutés dans les trois semaines suivant le début des symptômes, avec confirmation biologique de l’infection : 35 cas de chikungunya, 110 de dengue, 19 de Zika et 109 de paludisme. Un peu plus de la moitié des participants étaient des hommes, l’âge médian était de 38 ans. Environ 10 % des patients ont été perdus de vue au cours du suivi, avec une proportion plus élevée parmi les cas de chikungunya, qui présentaient des symptômes marqués au premier mois.

Chaque participant a été suivi pendant dix-huit mois, avec des évaluations systématiques à 1, 3, 6, 12 et 18 mois, en consultation ou par téléphone. Les investigateurs ont recensé les symptômes persistants attribués à la maladie initiale (notamment fatigue et douleurs articulaires) et mesuré leur impact fonctionnel à l’aide du score RAPID3 (échelle de 0 à 30, initialement développée pour la polyarthrite rhumatoïde, utilisée ici pour quantifier le retentissement des symptômes persistants). La qualité de vie physique et mentale a été évaluée par le questionnaire SF-12. Les résultats mettent en évidence quatre trajectoires d’évolution très différentes selon la maladie, sans détail chiffré dans le texte source, et montrent que des séquelles et une altération de la qualité de vie peuvent survenir non seulement après un chikungunya, mais également après d’autres infections étudiées (dengue, Zika, paludisme).

Sur le plan des acteurs, l’étude implique le réseau international GeoSentinel, spécialisé dans la surveillance des maladies des voyageurs, des centres cliniques de plusieurs régions du monde, ainsi qu’un établissement français du Service de santé des armées. Elle s’inscrit dans un contexte d’extension géographique des moustiques Aedes, vecteurs du chikungunya, de la dengue et du Zika, au-delà des zones tropicales, et d’un fardeau persistant du paludisme, qui reste la première cause d’infection sévère chez les voyageurs revenant de zone d’endémie, avec plus de 20 000 cas rapportés chez des voyageurs internationaux en 2024.

Pour les politiques publiques de santé, l’étude souligne l’existence possible de charges fonctionnelles et de diminution de la qualité de vie à moyen et long terme chez les voyageurs infectés par ces agents, et rapproche ces problématiques de celles déjà décrites pour d’autres infections virales comme le West Nile ou le Covid long. Elle apporte des données comparatives internationales utiles à la surveillance et à l’organisation du suivi post-infectieux des voyageurs, tout en signalant certaines limites, notamment la proportion de perdus de vue et l’absence de description détaillée des trajectoires par pathologie dans le texte source. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite​

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