Le rapport intermédiaire de septembre 2026 des Perspectives économiques de l’OCDE porte sur l’évolution de la conjoncture mondiale après plusieurs chocs successifs (pandémie, tensions géopolitiques, inflation élevée, resserrement monétaire). L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) y actualise ses prévisions et met en évidence une croissance mondiale modérée, marquée par des divergences entre grandes économies et une normalisation progressive de l’inflation, mais avec des risques persistants pour l’emploi, les revenus et la soutenabilité des finances publiques.
L’OCDE constate un ralentissement de la croissance dans plusieurs économies avancées, en particulier en Europe, tandis que les États-Unis et certaines grandes économies émergentes résistent davantage. Elle souligne que la désinflation est engagée, grâce notamment au resserrement des politiques monétaires, mais que l’inflation sous-jacente reste supérieure aux cibles des banques centrales dans de nombreux pays de l’OCDE. L’Organisation insiste sur la nécessité de calibrer finement la politique monétaire afin de poursuivre la lutte contre l’inflation tout en limitant le risque d’un affaiblissement trop marqué de l’activité et de l’emploi.
Le rapport met en avant les effets des chocs successifs sur les marchés du travail. L’emploi global demeure relativement robuste dans la plupart des pays de l’OCDE, mais des signes de modération apparaissent (ralentissement des créations d’emplois, hausse ou stagnation du chômage dans certains pays, augmentation du temps partiel ou des formes d’emploi plus précaires dans certains secteurs). L’OCDE attire l’attention sur les disparités entre catégories de travailleurs : jeunes, personnes faiblement qualifiées, travailleurs à bas salaires ou en contrats temporaires restent plus exposés aux ajustements en période de ralentissement. Les évolutions salariales varient fortement selon les pays, et les hausses de salaires ne compensent pas toujours la perte de pouvoir d’achat accumulée pendant le pic d’inflation, ce qui entretient des tensions sociales et un risque de mécontentement accru.
Sur le plan des politiques publiques, l’OCDE souligne les arbitrages difficiles entre soutien à l’activité, maîtrise de l’inflation et soutenabilité des finances publiques. Dans plusieurs pays, les mesures de soutien liées aux prix de l’énergie et au pouvoir d’achat ont été réduites ou ciblées, afin de contenir le coût budgétaire et de ne pas prolonger les tensions inflationnistes. L’Organisation recommande de privilégier des dispositifs plus ciblés vers les ménages vulnérables, plutôt que des soutiens généralisés, pour limiter les inégalités sans peser excessivement sur les finances publiques. Elle insiste également sur l’importance de maintenir des dispositifs d’activation des demandeurs d’emploi et de formation professionnelle pour faciliter les transitions vers les secteurs en croissance.
Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer les politiques structurelles pour accroître la résilience économique et sociale face aux chocs futurs. L’OCDE met en avant la modernisation des systèmes de protection sociale, l’investissement dans les compétences, l’amélioration de la productivité et l’augmentation des taux d’activité (notamment des femmes, des seniors et des personnes handicapées) comme leviers essentiels. Les politiques de santé et de prévention sont mentionnées comme des éléments clés pour soutenir durablement la participation au marché du travail, dans un contexte de vieillissement démographique et de risques sanitaires persistants.
L’Organisation relève par ailleurs que les écarts de situation entre pays de l’OCDE, mais aussi au sein des pays, demeurent importants en matière d’accès à l’emploi de qualité, de conditions de travail et de protection sociale. Elle signale que les travailleurs à bas revenus sont particulièrement touchés par l’inflation alimentaire et énergétique passée, ce qui renforce l’enjeu de mesures ciblées de soutien au revenu et de politiques de logement adaptées. Les comparaisons internationales présentées dans le rapport permettent de situer les choix de politique économique et sociale des différents pays, et de nourrir la réflexion sur les combinaisons possibles entre politique budgétaire, politique de l’emploi, dispositifs de solidarité et réformes structurelles dans un contexte de marges de manœuvre financières plus limitées.
Enfin, l’OCDE insiste sur les incertitudes entourant ses prévisions : évolution des tensions géopolitiques, trajectoire des prix de l’énergie, réactions des marchés financiers, ajustements des anticipations d’inflation et réponses des acteurs économiques. Elle appelle les gouvernements à conserver des politiques flexibles et réactives, capables d’être adaptées rapidement en fonction de l’évolution de la conjoncture, en veillant en particulier à protéger les populations les plus vulnérables et à préserver les capacités de production et d’emploi à moyen terme. (contenu résumé par l’IA) Lire la Suite
