L’ouvrage de Sébastien Rubinstein, à paraître en juin 2026 aux éditions Érès (coll. Empan, 25 €), analyse l’apport de Lucien Bonnafé (1912‑2003), psychiatre français, à la transformation de la psychiatrie publique. À partir de l’expérience pionnière de l’hôpital de Saint‑Alban, Bonnafé conçoit une psychiatrie « désaliéniste » fondée sur la continuité des soins, la prévention et le maintien du lien social, en opposition au modèle asilaire d’enfermement.
Le livre montre comment cette approche, articulée à un engagement intellectuel, politique et militant (surréalisme, communisme, Résistance), a contribué à l’émergence du secteur psychiatrique en France, dont l’existence est consacrée par la loi de 1985. Le secteur y est présenté comme l’expression d’une philosophie humaniste de la thérapie : soins au plus près du milieu de vie des personnes et respect affirmé de la dignité des patients.
L’auteur explore les conditions sociales et politiques de ce passage d’une psychiatrie centrée sur l’asile à une organisation ouverte sur la cité, en soulignant le rôle d’une pensée médicale issue de la pratique clinique dans la mise en place d’une réforme institutionnelle et législative majeure. L’ouvrage s’inscrit ainsi dans les débats sur l’organisation territoriale des soins, la place des services de psychiatrie dans la communauté et la prise en compte des droits et de la citoyenneté des patients dans les politiques publiques de santé mentale. Seule la France est explicitement concernée par cette analyse. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
