Entre mai et juillet, plus de 6 500 agents de la fonction publique territoriale ont répondu à une enquête en ligne menée par la Mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriales (MNFCT) et Idealco, avec la participation de Moodwork, entreprise spécialisée dans la prévention de la santé mentale au travail. Ce baromètre met en évidence une fragilisation de la santé mentale des agents territoriaux.
Selon les résultats, 45 % des agents se déclarent épuisés par leur travail au moins une fois par semaine et 45 % ressentent de l’irritation liée au travail sur la même fréquence. Plus d’un tiers indiquent percevoir régulièrement un risque pour leur santé mentale sur leur lieu de travail. Les agents de catégorie C, en première ligne sur le terrain, et les encadrants, placés en position intermédiaire entre plusieurs niveaux de pression, apparaissent particulièrement exposés.
La surcharge de travail constitue la principale cause d’épuisement : 40 % des agents jugent leur charge de travail trop élevée au moins une fois par semaine. L’inquiétude concernant l’avenir professionnel au sein de la collectivité est également fréquente : 35 % des agents déclarent ressentir cette inquiétude plusieurs fois par semaine ou plus, avec une intensité accrue chez les agents en contrat à durée déterminée. Les incivilités des usagers contribuent aussi à la dégradation de la santé mentale : 30 % des répondants disent y être confrontés plusieurs fois par mois ou plus, avec des répercussions possibles sur le sommeil.
Les agents mettent en œuvre diverses stratégies individuelles pour faire face aux risques psychosociaux, notamment la pratique régulière d’une activité physique, la relaxation, le recours à un psychologue ou à un traitement médical. Toutefois, 39 % déclarent avoir déjà renoncé à des soins de santé mentale faute de moyens financiers, de temps ou d’accès à des professionnels. Parallèlement, un agent sur dix déclare recourir à l’alcool ou à la drogue pour faire face aux difficultés liées au travail.
Sur le plan organisationnel, le baromètre indique un faible niveau de soutien perçu : seuls 15 % des agents estiment bénéficier d’un soutien de leur collectivité en matière de santé mentale au travail et 22 % d’un soutien de leur hiérarchie. En outre, 74 % des agents déclarent n’avoir jamais suivi de formation sur les risques psychosociaux. Ces constats soulignent des enjeux importants en termes de prévention, de soutien institutionnel et d’accès aux soins pour la santé mentale des agents territoriaux. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
