Le 22 septembre, un collectif composé de 74 acteurs de la lutte contre le VIH/sida – cinquante associations (dont AIDES, Sidaction, Act Up Paris, le Comede, Médecins du Monde), dix-huit comités de coordination régionale de la santé sexuelle (CoReSS) et la Société française de lutte contre le sida (SFLS) – a rendu publique une lettre ouverte dénonçant l’absence annoncée de la campagne nationale de prévention du VIH habituellement diffusée par Santé publique France autour de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre. Selon ce Collectif des 10 choix politiques pour en finir avec le sida, l’édition 2026 de cette campagne n’aurait « pas lieu », en raison de coupes budgétaires gouvernementales. Les signataires soulignent que cette campagne constitue, selon eux, un outil de santé publique et non une simple opération de communication.
Les informations sur l’arrêt de la campagne auraient commencé à circuler fin août, puis auraient été confirmées par Santé publique France, d’après Anaïs Saint-Gal, responsable du plaidoyer de Sidaction. Camille Spire, présidente de AIDES, indique pour sa part que l’annonce d’une fin de campagne aurait été faite dès juin lors d’une réunion à Santé publique France, où il aurait été question d’un abandon plutôt que d’une réduction de moyens.
Le ministère de la Santé, par la voix du directeur général de la Santé, Grégory Emery, conteste le terme « annulation », en expliquant que la campagne 2026 n’avait pas encore été produite et qu’elle n’avait pas été retenue parmi les priorités. Il indique que, sur le VIH, les autorités savent mobiliser les réseaux territoriaux (agences régionales de santé, professionnels de santé) et recourir à des outils numériques jugés aussi efficaces qu’une campagne nationale, considérant qu’une campagne télévisuelle serait aujourd’hui moins impactante.
Cette situation a suscité une réaction politique : le 24 septembre, le député socialiste Arthur Delaporte, coprésident du groupe d’études VIH/sida de l’Assemblée nationale, a qualifié cette décision d’« incompréhensible ». Le 25 septembre, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé publiquement que la campagne de prévention « aura bien lieu », sans que les modalités opérationnelles soient détaillées dans la source. Le dossier met en lumière des tensions entre, d’une part, les associations et instances spécialisées qui considèrent la campagne nationale comme un levier majeur de prévention et, d’autre part, les arbitrages budgétaires et de priorisation des outils de communication publique opérés par les autorités sanitaires. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
