Enjeux et perspectives d’un deuxième Plan France médecine génomique 

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) publient un rapport conjoint d’évaluation du Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG2025) et de ses perspectives de prolongement. Cette mission, demandée par les ministres chargés de la santé et de la recherche, repose sur plus de 80 auditions, l’analyse des résultats du plan et une réflexion prospective conduite par des personnalités qualifiées.

Le rapport constate que le PFMG2025 a permis une étape importante dans l’intégration de la médecine génomique au système de santé français. Deux plateformes nationales de séquençage, AURAGEN et SeqOIA, couvrent désormais l’ensemble du territoire. Plus de 58 000 prescriptions ont été réalisées et plus de 44 000 comptes rendus ont été adressés aux prescripteurs, donnant accès à des examens auparavant difficilement accessibles, en particulier pour des patients atteints de maladies rares ou de cancers. Le dispositif a contribué à améliorer l’accès au diagnostic et à renforcer la position de la France dans les initiatives européennes.

Les inspections soulignent toutefois un déploiement inégal selon les domaines. Les résultats sont jugés substantiels pour les maladies rares et l’oncogénétique, mais la montée en charge reste insuffisante en cancérologie. Plusieurs facteurs limitants sont identifiés : pénurie de professionnels qualifiés pour l’interprétation des données génomiques, retards dans la mise en œuvre et le fonctionnement du Collecteur Analyseur de Données (CAD), gouvernance jugée insuffisamment structurée et absence de véritable filière industrielle nationale dans la génomique et l’intelligence artificielle appliquée à la santé.

Au vu de ce bilan, la mission considère qu’il serait prématuré de répartir les actions de médecine génomique dans différents plans sectoriels existants. Elle recommande au contraire le lancement d’un deuxième Plan France Médecine Génomique couvrant la période 2027-2036, articulé avec les plans cancer et maladies rares, doté d’une gouvernance renforcée et assorti d’une évaluation indépendante à cinq ans. Parmi les orientations préconisées figurent le développement des capacités d’interprétation (notamment par la formation et la création d’un statut d’interprétateur scientifique en génomique humaine), la priorisation des services du CAD dédiés aux soins et la sécurisation de son financement, ainsi que la consolidation des infrastructures nationales, avec une unification des processus. Le rapport insiste également sur le renforcement de la recherche et des compétences et la préparation d’une extension progressive à de nouveaux champs d’application, sans en préciser le détail dans l’extrait disponible. Ces éléments présentent des enjeux structurants pour l’organisation du système de santé, la planification des ressources humaines qualifiées et le développement d’une filière industrielle nationale dans un domaine stratégique pour les politiques de santé. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite

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