L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publie un rapport consacré aux personnes précaires vieillissantes, en particulier les personnes sans abri âgées, dont le nombre croissant pose un défi aux secteurs de l’hébergement, du médico-social et de la prise en charge du grand âge. Le travail, conduit notamment par Dr Julien Emmanuelli et Mireille Gaüzère, s’appuie sur une revue de littérature ciblée sur la grande précarité, un parangonnage européen, l’exploitation de données de la statistique publique et un questionnaire diffusé via la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) auprès de structures susceptibles d’accueillir ces publics. Il repose principalement sur des entretiens de terrain menés auprès de plus de 200 personnes, notamment des usagers sur leur lieu de vie.
Le rapport rappelle que l’espérance de vie des personnes sans abri est d’environ 30 ans inférieure à celle de la population générale, du fait d’une surmortalité prématurée, ce qui limite en volume le nombre de personnes âgées concernées. Néanmoins, le nombre de personnes sans abri de plus de 50 ans en France était estimé en 2012 entre 35 000 (dernières données disponibles de l’INSEE) et 70 000 (sources associatives), soit environ un quart de la population sans abri, en hausse par rapport à 2002 (17 %). En 2021 (derniers chiffres disponibles), la part des personnes de plus de 60 ans devient significative dans les structures d’hébergement généraliste, dans les structures d’hébergement médicalisé et dans le logement accompagné.
Les personnes précaires vieillissantes se caractérisent par l’intrication de multiples vulnérabilités (sociales, économiques, psychiques, somatiques et liées au handicap) et par des besoins situés au croisement des champs social, médico-social et sanitaire. Le rapport souligne également une relation parfois ambivalente à l’aide, des comportements difficiles à accompagner en collectif et des difficultés d’insertion et de maintien dans les différentes institutions.
La mission formule une douzaine de recommandations opérationnelles, présentées comme rapidement mobilisables à droit constant par l’État et les autres acteurs concernés. Elles incluent notamment l’adaptation du bâti des structures d’hébergement aux besoins de publics devenus dépendants et un renforcement des moyens du programme budgétaire n° 177 porté par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL), à hauteur d’au moins 55 millions d’euros en base. En matière de logement accompagné, le rapport met en avant la nécessité de développer les pensions de famille, en particulier via la mise en œuvre complète du plan de cohésion sociale dit « plan Borloo » de 2005, ainsi que l’achèvement du plan de réhabilitation des foyers de travailleurs migrants, dans une perspective d’adaptation de l’offre existante au vieillissement des publics en grande précarité. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
