L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publie, à l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, un nouveau guide destiné aux pays pour organiser la transition des soins psychiatriques institutionnels de longue durée vers une prise en charge communautaire, centrée sur la personne et respectueuse des droits et des choix des individus. L’OMS constate que de nombreuses personnes ayant des troubles de santé mentale vivent encore dans de grands hôpitaux psychiatriques ou centres de protection sociale, souvent pour des durées très longues (plusieurs mois, années, voire décennies), et qu’environ la moitié d’entre elles y sont maintenues contre leur gré, isolées de la communauté.
Le guide définit la désinstitutionnalisation comme le processus visant à permettre aux personnes ayant passé au moins six mois en hôpital psychiatrique de réintégrer la communauté, en bénéficiant de soins, de soutien et d’opportunités leur permettant de mener une vie satisfaisante. Il s’adresse en particulier aux responsables d’hôpitaux psychiatriques et propose des mesures opérationnelles pour réduire les admissions et les séjours de longue durée, faire évoluer les pratiques internes afin de mieux protéger les droits des personnes, et organiser leur sortie de l’hôpital avec un accompagnement adapté au sein de la communauté.
L’OMS, par la voix de son Directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelle les États à abandonner les modèles de soins institutionnalisés de longue durée, à réorienter les investissements des établissements vers des services de santé mentale et de soutien communautaires fondés sur les droits humains, et à garantir que le recours à un soutien continu ne se fasse pas au prix de la liberté, de la dignité ou de l’inclusion sociale des personnes concernées. Le guide souligne que la désinstitutionnalisation ne peut pas reposer uniquement sur les hôpitaux : elle suppose un accès effectif au logement, aux soins de santé, au soutien social, à l’éducation, à l’emploi ainsi qu’un appui aux familles, afin de permettre une vie autonome et inclusive dans la communauté.
L’OMS note que de nombreux pays cherchent déjà à renforcer les services de santé mentale communautaires, mais que les progrès demeurent hétérogènes. L’initiative s’inscrit dans une dynamique internationale de transformation des systèmes de santé mentale et présente un intérêt comparatif pour les administrations qui pilotent les politiques de santé, de solidarité, de handicap et d’inclusion sociale, en particulier sur les enjeux de réallocation des ressources, de respect des droits des usagers, de développement des alternatives à l’hospitalisation de longue durée et de coordination entre secteurs sanitaire, social, éducatif et de l’emploi. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
