Une analyse génomique de l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo (BDBV) déclarée le 15 mai 2026 à Bunia, en Ituri (République démocratique du Congo – RDC), montre qu’elle est liée à un variant distinct de ceux à l’origine des flambées de 2007 et 2012. Les résultats sont compatibles avec un nouvel événement de transmission zoonotique, et non avec la résurgence d’un virus déjà circulant localement. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola répertoriée au total et de la troisième attribuée au virus Bundibugyo, mais c’est la première fois que la région de Bunia et de l’Ituri est affectée par cette souche, les précédentes épidémies locales, notamment celle de 2018–2020, étant liées au virus Ebola Zaïre (EBOV).
L’identification de la souche Bundibugyo a été réalisée à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, laboratoire national de référence de la RDC pour les agents pathogènes émergents et réémergents. Des analyses complémentaires par PCR et séquençage métagénomique enrichi en virus ont été menées après que les premiers cas suspects avaient été testés négatifs au virus Ebola Zaïre par le test GeneXpert utilisé dans le laboratoire provincial. Les chercheurs ont analysé par PCR et séquençage le génome viral à partir d’échantillons sanguins et oropharyngés de personnes infectées en RDC et en Ouganda, puis comparé ces séquences avec celles des virus Bundibugyo responsables des épidémies de 2007 et 2012, dans le cadre d’une analyse phylogénétique visant à préciser les relations évolutives entre les souches.
L’épisode met également en évidence une transmission transfrontalière entre la RDC et l’Ouganda, confirmée par un cas diagnostiqué en Ouganda chez une personne ayant voyagé depuis Bunia. Ce cas concerne un ressortissant kényan résidant en RDC, tombé malade environ un mois auparavant, ayant consulté plusieurs établissements de santé en RDC avant d’entreprendre un trajet d’environ 3 000 km à travers l’Afrique de l’Est, à la recherche d’une meilleure prise en charge ou pour rentrer dans son pays, tout en franchissant sans détection les différents contrôles thermiques et sanitaires aux frontières et dans les aéroports. Cet élément souligne des limites opératoires des dispositifs de contrôle sanitaire aux frontières et illustre les enjeux liés aux mobilités régionales dans la gestion des épidémies à virus émergents. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
