Lutter contre les violences sexistes et sexuelles… aussi au travail | Le Conseil économique social et environnemental 

Le document traite des violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) comme d’un phénomène massif et persistant en France. Selon le baromètre #StOpE sur le sexisme « ordinaire » au travail de l’AMFD (2025), 60 % des personnes actives se déclarent exposées à des agissements sexistes ou à connotation sexuelle. Les femmes sont majoritairement concernées : 85 % des victimes sont des femmes, tandis que 96 % des mis en cause sont des hommes. Malgré cette prévalence, seules 2 % des femmes victimes déposent plainte (rapport 2024 sur les violences sexistes et sexuelles sous relation d’autorité ou de pouvoir, p. 16-17), ce qui signale un sous-recours important aux voies de droit.

Le texte souligne que, si la vague #MeToo a initialement émergé dans le secteur du cinéma américain, sa déclinaison en France a pris la forme du mouvement #BalanceTonPorc, lancé par la journaliste Sandra Muller en octobre 2017. D’autres vagues sectorielles sont apparues : #MeTooMedia et #MeTooPolitique en 2021, puis #MeTooHôpital en 2024. L’extension de ces mobilisations à plusieurs secteurs professionnels est interprétée comme le signe d’une culture généralisée des violences sexistes et sexuelles, plutôt que de cas isolés.

Les VSST sont présentées comme un continuum de comportements, allant de propos graveleux ou stéréotypés jusqu’aux attouchements, agressions et viols. Elles sont définies, en référence à la convention n°190 de l’Organisation internationale du travail (OIT, 2019), comme des violences qui s’exercent « en lien, à l’occasion ou du fait du travail ». Cette convention vise à promouvoir un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, y compris lorsqu’ils sont fondés sur le genre. Elle définit la « violence et le harcèlement » comme un ensemble de comportements, pratiques ou menaces, ponctuels ou répétés, causant ou susceptibles de causer un dommage physique, psychologique, sexuel ou économique, et inclut spécifiquement la violence et le harcèlement fondés sur le genre ainsi que le harcèlement sexuel.

Le texte insiste enfin sur les limites actuelles des connaissances disponibles. Contrairement à l’idée selon laquelle le sujet serait désormais exhaustivement documenté, les savoirs théoriques et pratiques restent partiels et dispersés. Les données existantes sont jugées insuffisantes pour appréhender la diversité des situations de terrain, évaluer l’effectivité des dispositifs législatifs et réglementaires et repérer de manière fine les dynamiques de VSST dans le monde du travail. Ces constats soulèvent des enjeux de politique publique en matière de prévention, de protection des victimes, de recueil de données et de suivi de l’application du droit, en particulier dans les champs du travail, de l’égalité femmes-hommes et de la santé au travail. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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