L’Unédic a actualisé en octobre 2026 ses prévisions financières pour l’Assurance chômage à l’horizon 2028. Ces projections intègrent les effets des prélèvements opérés ou annoncés par l’État sur le régime, malgré les alertes des organisations syndicales et patronales gestionnaires. En 2027, le prélèvement envisagé de 2 Md€ transformerait un solde prévisionnel positif de +1,4 Md€ en déficit de -0,6 Md€, conduisant à un recours accru à l’endettement. Si ce prélèvement se confirmait, le montant total ponctionné par l’État sur l’Assurance chômage atteindrait 14 Md€ depuis 2023, ce qui est présenté comme un transfert de charge de dette publique vers le régime au détriment des salariés et des entreprises.
Sur le plan macroéconomique, la croissance serait limitée à +0,4 % fin 2026, avec une amélioration modérée en 2027 (+0,7 %) et 2028 (+1,1 %), dans un contexte d’incertitudes conjoncturelles, notamment liées aux prix de l’énergie. L’inflation, initialement anticipée sous 2 % jusqu’en 2028, serait finalement de +2,2 % en moyenne en 2026 et se maintiendrait à +2,1 % en 2027, avant de repasser sous 2 % en 2028. L’emploi salarié privé reculerait encore en 2026 (-71 000 emplois) et 2027 (-60 000), avec une reprise attendue en 2028 (+92 000). Le nombre de chômeurs indemnisés se maintiendrait autour de 2,6 millions entre 2026 et 2028.
Les recettes de l’Assurance chômage atteindraient 44,3 Md€ en 2026, puis augmenteraient à 49,4 Md€ en 2027 et 50,9 Md€ en 2028, sous réserve de l’absence de nouveaux prélèvements. Les dépenses s’élèveraient à 46,6 Md€ en 2026, puis à 48,1 Md€ en 2027 et 48,5 Md€ en 2028. Le solde du régime serait de -2,3 Md€ en 2026 (en incluant un prélèvement de l’État de 4,1 Md€), de +1,4 Md€ en 2027 en l’absence de nouveau prélèvement, et de -0,6 Md€ si le prélèvement de 2 Md€ était effectivement appliqué. En 2028, le solde atteindrait +2,4 Md€.
Concernant la dette, l’Unédic indique que, sans les prélèvements successifs de l’État depuis 2023, l’encours aurait pu s’établir à 49,4 Md€ fin 2026. Il devrait au contraire dépasser 61 Md€ à cette date, dont plus de 18 Md€ au titre de la dette contractée pendant la crise Covid-19, et pourrait atteindre 62 Md€ en 2027 en cas de nouveau prélèvement de 2 Md€. L’Unédic devra par ailleurs faire face à d’importantes échéances de remboursement de dette obligataire, principalement liées à la crise sanitaire, à hauteur de 6,25 Md€ en 2026, 5,25 Md€ en 2027 et 7 Md€ en 2028. Ces éléments soulignent les tensions financières pesant sur le régime d’assurance chômage et le rôle déterminant des décisions de prélèvement de l’État dans l’évolution de son solde et de son endettement. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
