80 présidents d’université réclament un milliard d’euros dès 2027 et des états généraux de la jeunesse

Le 20 octobre 2026, 80 présidentes et présidents d’université et directrices et directeurs d’établissements, dont le président de France Universités Lamri Adoui, publient un manifeste alertant sur l’ampleur du mouvement social touchant de nombreux campus. Ils signalent des dégradations et des violences verbales et estiment que ces formes d’action semblent être devenues les seules à obtenir une prise en compte au sommet de l’État. Ils relient cette situation aux restrictions budgétaires dénoncées depuis plusieurs années, qui, selon eux, ne permettent plus aux établissements d’enseignement supérieur de remplir pleinement leurs missions de service public ni d’assurer la promesse d’égalité des chances. Ils refusent que la plateforme Parcoursup, jugée perfectible, soit utilisée comme « objet sacrificiel » pour masquer le sous-financement structurel.

S’appuyant sur les conclusions des Assises du financement des universités de 2026, qui préconisent une correction structurelle des dotations de fonctionnement d’environ 1 milliard d’euros, France Universités propose une première étape dès 2027, inscrite dans une trajectoire pluriannuelle, autour de trois priorités. La première vise la lutte contre la précarité étudiante via une réforme des bourses sur critères sociaux (revalorisation, plus grande progressivité, élargissement de l’accès) pour un coût estimé à 340 millions d’euros supplémentaires en 2027, hors moyens dédiés à la restauration universitaire.

La deuxième priorité consiste à redonner aux universités les moyens de leurs missions par 500 millions d’euros de financement récurrent en 2027. Cette enveloppe couvrirait 200 millions d’euros pour compenser les mesures salariales et la hausse du CAS Pensions décidées par l’État, 90 millions pour relancer les mesures prévues par la loi de programmation de la recherche (LPR) 2021-2030, 30 millions pour la réforme de l’accès aux études de santé à la rentrée 2027, 80 millions pour la création de 20 000 places supplémentaires et 100 millions pour une nouvelle contractualisation entre l’État et les universités, avec l’objectif de mettre fin au gel des emplois.

La troisième priorité est un nouveau plan Campus dédié à la rénovation énergétique, à l’adaptation climatique (en particulier le confort thermique en été) et à la modernisation des espaces pédagogiques. Les signataires proposent un fonds d’urgence de 200 millions d’euros dès 2027, puis un plan d’investissement immobilier d’un milliard d’euros par an à partir de 2028, présenté également comme un levier de relance pour le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Pour financer cet effort, les signataires suggèrent une réforme paramétrique du crédit d’impôt recherche, dont le coût est estimé à près de 8 milliards d’euros par an, ainsi que la suppression des aides publiques à l’apprentissage pour l’enseignement privé lucratif. Ces propositions s’inscrivent dans un cadrage où les enjeux de précarité étudiante, de soutenabilité budgétaire des établissements et de conditions de travail et d’emploi dans l’enseignement supérieur et la recherche sont au premier plan des préoccupations exprimées. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite

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