École : réduire la taille des classes, combien ça coûte ?

L’Observatoire des inégalités présente une estimation du coût d’une réduction de la taille des classes de primaire à quinze élèves en France, soit cinq milliards d’euros par an. Cette dépense représenterait environ un quart de la perte de recettes fiscales liée à la suppression de la taxe d’habitation (20 milliards d’euros) et 0,6 % du budget total de l’État. Selon cet organisme, cette mesure viserait à réduire les inégalités scolaires fortement marquées par l’origine sociale en France, où les enfants de cadres sont quatre fois plus nombreux que les enfants d’ouvriers parmi les étudiants, alors que les deux groupes sont de taille comparable dans la population.

Les données internationales mobilisées indiquent que la France fait partie des pays riches où le nombre d’élèves par enseignant en primaire est le plus élevé. L’OCDE relevait en 2023 un ratio moyen de 18 élèves par enseignant en primaire en France, contre 11 en Italie, 12 en Espagne, 13 en Suède, 14 aux États-Unis et 15 au Japon et en Allemagne. Plusieurs études citées par l’Observatoire concluent que la réduction des effectifs par classe bénéficie particulièrement aux élèves issus de milieux défavorisés.

Le ministère de l’Éducation nationale estime actuellement la taille moyenne des classes de primaire à 21 élèves. Les projections ministérielles de baisse des naissances prévoient une diminution des effectifs scolaires de 11 % d’ici 2032. À effectifs constants d’enseignants, cela ramènerait mécaniquement la moyenne à 19 élèves par classe. L’Observatoire souligne que cet ajustement ne serait possible que si le nombre d’enseignants est maintenu, et non réduit par des fermetures de classes motivées par des économies budgétaires, comme envisagé par le gouvernement.

Pour atteindre l’objectif de quinze élèves par classe, il faudrait selon ces estimations recruter environ 70 000 enseignants supplémentaires, soit une hausse de 25 % du nombre d’enseignants du primaire. Sur la base d’un coût moyen de 50 000 euros par professeur des écoles, la masse salariale additionnelle serait de 3,5 milliards d’euros par an. L’adaptation des locaux scolaires est également prise en compte : une partie des élèves pourrait être accueillie dans des classes déjà inoccupées ou qui le deviendront avec la baisse de la fécondité, mais des frais de structure supplémentaires sont anticipés. Une étude de 2013, reprise par l’Observatoire, chiffre ces coûts à 30 % de la masse salariale additionnelle, soit environ un milliard d’euros par an, estimation corroborée par des coûts constatés dans certaines communes. L’organisme souligne que ces montants correspondent principalement à des réaménagements d’écoles visant à accueillir moins d’élèves dans de meilleures conditions. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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