Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) publie son rapport annuel sur l’état du sexisme en France, fondé sur le Baromètre Sexisme élaboré avec l’institut Toluna Harris Interactive. Ce rapport met en évidence deux constats principaux : une polarisation sociale croissante autour des enjeux d’égalité de genre, en particulier dans les médias et les discours politiques, et la persistance marquée d’inégalités sociales et économiques entre les femmes et les hommes.
Le HCE observe une progression de la visibilité des discours sexistes et masculinistes, notamment dans l’espace médiatique et politique. Malgré un traitement plus fréquent des enjeux d’inégalités de genre dans les médias, les femmes restent insuffisamment représentées et les propos sexistes sont décrits comme fréquents, peu régulés et rarement contestés. Les violences sexistes et sexuelles demeurent importantes et sont déclarées en hausse, avec le travail, la politique et la vie familiale identifiés comme sphères privilégiées de manifestation de ce sexisme.
Le rapport souligne un fort ressenti de dégradation de la condition féminine chez les jeunes : 94 % des femmes de 15 à 24 ans estiment qu’il est plus difficile d’être une femme aujourd’hui, soit une hausse de 14 points par rapport à 2023, contre 67 % des hommes de la même tranche d’âge (+8 points). Parallèlement, 13 % des hommes considèrent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme. Le procès des viols de Mazan est présenté comme un révélateur de ces tensions : pour 65 % des Français, cette affaire illustre que, en matière de violences sexistes et sexuelles, tous les hommes portent une part de responsabilité et/ou de culpabilité. Plus de neuf Français sur dix jugent que les hommes ont un rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre le sexisme.
Sur le plan des leviers d’action publique, le HCE relève plusieurs orientations largement soutenues par la population. L’éducation à l’égalité est jugée prioritaire par la quasi-totalité des Français : neuf sur dix soutiennent la mise en place de cours d’éducation à la vie affective et sexuelle, et sept sur dix considèrent cette mesure comme la plus efficace contre le sexisme. La réforme du congé paternité ou parental constitue une attente forte en matière de justice sociale et d’égalité, soutenue par sept Français sur dix. Le Haut Conseil appelle à une action déterminée pour une plus grande mixité et parité dans le monde professionnel, à la fois dans la formation des jeunes et sur le marché du travail. Il insiste également sur la nécessité pour les pouvoirs publics de passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultats, notamment via l’introduction de budgets sensibles au genre et de critères d’« égaconditionnalité » pour l’ensemble des aides et financements publics. Enfin, le rapport met en avant la nécessité d’un engagement accru des hommes dans la lutte contre le sexisme, appuyé par une forte attente exprimée dans l’opinion. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
