Travail

L’ouvrage de Marie-Anne Dujarier, publié chez Anamosa (109 pages, parution prévue en avril 2026), analyse l’évolution et la pluralité des sens du mot « travail » dans les sociétés capitalistes contemporaines. L’auteure distingue trois grandes acceptions qui se sont constituées sur près de dix siècles : le travail comme activité, comme production et comme emploi. Elle souligne que l’usage d’un seul terme pour recouvrir ces dimensions hétérogènes est une spécificité des sociétés capitalistes et constitue un enjeu pour la compréhension et la régulation du travail.

Le travail entendu comme activité renvoie à la peine que l’on se donne pour accomplir une tâche, ce que les sciences cliniques du travail désignent comme le « travail réel ». Cette dimension met en avant l’expérience concrète des personnes au travail, avec des enjeux de santé et de sens.

Le travail entendu comme production désigne le résultat concret de l’activité, caractérisé par des qualités, une valeur d’usage et éventuellement une valeur marchande. L’auteure insiste sur le décalage possible entre la qualité d’un travail (« beau travail ») et sa valeur commerciale. Elle met en avant la question de l’utilité sociale de ce qui est produit, et surtout de « pour qui » cette production est utile. Cet enjeu prend une dimension existentielle dans un contexte d’abondance qualifiée d’écocide et d’inégalités matérielles extrêmes, ce qui renvoie à des problématiques de justice sociale et écologique.

Enfin, le travail est analysé comme rapport social d’emploi, et plus précisément, depuis environ un siècle dans les pays du Nord, comme salariat. Le salariat est présenté comme l’institution centrale des sociétés capitalistes, ayant organisé la spécialisation des fonctions et tâches productives. Dujarier souligne que les institutions dites « du travail » (Code du travail, ministère du Travail, politiques publiques associées) encadrent en réalité principalement l’activité productive salariée, et non l’ensemble des formes de travail. Ces institutions structurent les trajectoires de vie « du berceau à la tombe » et jouent un rôle central dans la répartition des richesses.

L’ouvrage met ainsi en lumière des enjeux existentiels multiples liés au travail : sens de l’activité, santé, survie matérielle et écologique, justice sociale et répartition des places dans la société. Il insiste sur les tensions, voire les conflits, entre les différentes significations et valeurs associées au travail. Ces analyses présentent un intérêt pour l’action publique en matière de travail, emploi, santé au travail, lutte contre les inégalités et transition écologique, en invitant à clarifier ce que recouvrent les politiques « du travail » et ce qu’elles laissent hors champ, notamment en dehors du salariat. Aucun autre pays ou institution étrangère n’est mentionné, mais la référence aux « pays du Nord » situe les constats dans un cadre capitaliste développé, potentiellement comparable à la France. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite​

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