L’ouvrage « Les natures du productivisme » de Renaud Bécot, Christophe Bonneuil et Gabrielle Bouleau, publié en février 2026 aux Éditions La Découverte (368 pages), propose une relecture de l’histoire contemporaine française à partir d’un prisme environnemental. Il interroge la manière dont le productivisme s’est imposé comme logique dominante d’action publique en France, y compris sous des régimes a priori traditionalistes comme celui de Vichy, en contrastant les discours officiels avec les pratiques réelles d’intervention économique et sociale.
Le livre examine le rôle des ressources tirées des empires coloniaux et des échanges internationaux inégaux dans la modernisation de la France, posant la question de la dépendance structurelle de cette modernisation à ces flux matériels et économiques. Il identifie également les premières contestations de la « Grande Accélération » productiviste, antérieures à 1968, en s’intéressant aux acteurs et actrices de ces mobilisations, à leurs arguments et à leurs rapports aux politiques publiques.
Les auteurs analysent la construction progressive de l’environnement, puis du développement durable et de la transition écologique comme objets d’action publique en France. Ils s’intéressent aux effets réels de ces politiques sur les conditions de vie et sur l’état de l’environnement, ainsi qu’aux écarts éventuels entre les objectifs affichés et les transformations constatées. Ils mettent en lumière des verrous institutionnels, économiques et culturels qui ont freiné ou empêché l’écologisation de la société et des politiques publiques, sans toutefois détailler dans ce résumé la nature précise de ces verrous.
L’ouvrage explore enfin les articulations, parfois manquées, entre pensées et luttes écologistes d’une part, et questions sociales, enjeux de genre et combats anticoloniaux d’autre part. Il s’agit notamment de comprendre à quels moments ces dimensions se sont rencontrées dans l’action publique et les mobilisations, et quand elles sont restées séparées. Le propos se concentre sur la France, avec une dimension historique et analytique susceptible d’éclairer l’évolution des politiques environnementales, sociales et économiques, sans formuler de recommandations explicites mais en invitant à revisiter les récits classiques de l’action publique à la lumière des enjeux écologiques. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
