Varia : regards croisés sur les dynamiques managériales contemporaines (dossier)

Un numéro de la revue RIMHE (vol. 1, n° 62, mars 2026) rassemble plusieurs contributions académiques qui analysent la manière dont différentes formes de normes – religieuses, organisationnelles, professionnelles ou politiques – structurent les comportements des acteurs, influencent les performances des organisations et redéfinissent les responsabilités managériales. L’ensemble des articles interroge le management et la situation des personnes managées dans des environnements marqués par des injonctions contradictoires et des transformations profondes.

Un article de Manon Michal, Caroline Hussler et Noémie Dominguez propose, à partir d’une revue systématique de la littérature, une analyse du rôle des managers dans la production de comportements de « déviance constructive » au sein des organisations. Les autrices distinguent trois fonctions managériales : un rôle de régulateur émotionnel en amont, permettant de créer des conditions plus ou moins favorables à l’émergence de comportements de déviance constructive ; un rôle de guide, orientant les individus vers les valeurs de l’organisation ; et un rôle d’arbitre en aval, qui contribue à pérenniser certains comportements déviants jugés utiles, sans pour autant les reconnaître explicitement à l’échelle organisationnelle. Ces résultats éclairent les marges de manœuvre et les responsabilités des encadrants dans la gestion de comportements non conformes mais potentiellement innovants, notamment dans des contextes de changement organisationnel.

Une étude qualitative d’Yvan Barel, fondée sur 26 entretiens auprès de salariés ayant vécu une reconversion professionnelle, examine leurs perceptions de l’accompagnement managérial dont ils ont bénéficié ou non. L’auteur souligne l’ampleur des changements liés à une reconversion et la nécessité d’un soutien managérial adapté, encore peu traité dans la littérature. L’analyse met en évidence l’importance de prendre en compte les circonstances de déclenchement de la reconversion et la manière subjective dont ces événements sont vécus par les individus. Cette approche attire l’attention sur les besoins spécifiques d’accompagnement des salariés en transition professionnelle et sur le rôle des encadrants dans la sécurisation de ces parcours.

Enfin, Mathias Naudin identifie cinq « biais fondateurs » du management, dont la réduction de la valeur à sa seule dimension marchande, la prédominance d’une rationalité instrumentale et la simulation d’intérêts individuels. Il appelle à une lucidité collective sur ces impensés qui structurent les modes de décision et d’action dans les organisations. Cette réflexion interroge les référentiels de valeur qui guident les pratiques managériales et peut alimenter des débats sur la prise en compte d’enjeux sociaux et humains dans la conduite et l’évaluation de l’action organisationnelle.

Ces travaux ne portent pas directement sur une politique publique spécifique, mais ils apportent des éléments utiles pour la compréhension des pratiques de management, de l’accompagnement des parcours professionnels et des tensions normatives dans les organisations, susceptibles d’intéresser les administrations en charge du travail, de l’emploi et des conditions de travail. Aucun pays, institution publique ou acteur administratif spécifique n’est toutefois identifié dans les éléments disponibles. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite​

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