La Haute Autorité de santé (HAS) a publié une recommandation sur l’opportunité d’instaurer une obligation vaccinale contre la grippe saisonnière. Saisie par les ministres chargés de la Santé, elle devait se prononcer sur une éventuelle obligation pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en Ehpad, pour les professionnels de santé libéraux et pour les personnels des établissements de santé et médico-sociaux.
Pour les personnes de 65 ans et plus vivant en collectivité, notamment en Ehpad, la HAS estime que la vaccination antigrippale doit rester recommandée et ne pas devenir obligatoire. En revanche, elle recommande la mise en place d’une obligation vaccinale antigrippale pour l’ensemble des professionnels de santé ainsi que pour les autres professionnels travaillant dans les établissements de santé ou médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, dès lors qu’ils sont en contact avec des personnes à risque de grippe sévère. Elle préconise un déploiement prioritaire de cette obligation dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD).
La recommandation s’appuie sur le fardeau important de la grippe saisonnière chez les personnes âgées. La grippe a entraîné environ 53 000 hospitalisations en 2023-2024, dont 26 500 chez les 65 ans et plus, puis 92 000 hospitalisations et un excès de mortalité d’environ 17 000 décès en 2024-2025. Neuf décès sur dix concernent des personnes de 65 ans et plus, en majorité des 75 ans et plus. La HAS souligne que ce fardeau a longtemps été sous-estimé en raison d’un recours limité aux tests diagnostiques avant la pandémie de Covid-19 et de la reconnaissance récente du rôle de la grippe dans la décompensation de maladies chroniques, notamment cardiaques.
La HAS rappelle que la saison grippale, concentrée sur 10 à 12 semaines, génère des tensions importantes sur le système de soins, conduisant parfois à des mesures exceptionnelles (déprogrammations, plans blancs). Elle met également en avant les risques de transmission intrahospitalière et en établissements médico-sociaux, longtemps sous-estimés avant la pandémie, en particulier pour les personnes vulnérables susceptibles de développer des formes sévères de grippe. En 2022, les personnes de 65 ans et plus représentaient 58 % des hospitalisations et les personnes immunodéprimées 11 %, ce qui traduit une forte présence de publics à risque dans l’ensemble des services hospitaliers. Dans ce contexte, la recommandation de rendre la vaccination obligatoire pour les professionnels vise à limiter les transmissions aux populations les plus vulnérables au sein des établissements. (contenu résumé en français par l’IA)Lire la Suite
