Le numéro 508 de la revue Cadres CFDT, publié en juillet 2026 et intitulé « Le management que nous voulons », rassemble plusieurs contributions portant sur l’évolution de la fonction managériale dans les organisations. L’ensemble des articles souligne que le rôle du manager demeure central mais qu’il est profondément transformé par les réorganisations, les transformations numériques et les nouvelles attentes vis-à-vis du travail.
L’entretien avec Bruno Mettling met l’accent sur la nécessité de « redonner du temps au manager ». Il pointe la surcharge de tâches administratives et de reporting qui limite sa capacité à exercer ses missions de proximité (accompagnement des équipes, régulation du travail, dialogue social). Cette analyse renvoie à des enjeux de qualité de vie au travail, de prévention des risques psychosociaux et d’efficacité des organisations, avec des implications possibles pour les politiques publiques en matière de conditions de travail, de régulation du numérique et de droit à la déconnexion.
Plusieurs contributions alertent sur les décalages entre discours managérial et réalité du travail. Pierre-Jean Decroze souligne que certains usages du langage managérial peuvent masquer les conditions concrètes de réalisation du travail et les contraintes pesant sur les salariés, ce qui peut compliquer l’expression des difficultés et la mise en place de régulations collectives. Dans un entretien, Norbert Alter estime que les organisations ont tendance à « remplacer les solutions par des problèmes » lorsque les dispositifs de gestion et de contrôle se multiplient sans résoudre les difficultés opérationnelles, générant de la complexité supplémentaire pour les équipes.
Isabelle Barth analyse la « kakistocratie en entreprise », c’est-à-dire les dynamiques qui conduisent à écarter ou marginaliser les personnes les plus compétentes au profit de profils moins qualifiés mais mieux adaptés aux jeux de pouvoir internes. Elle met en avant les risques en termes de qualité des décisions, d’iniquité perçue, de démotivation et de perte de compétences, enjeux qui peuvent interroger les politiques de gestion des ressources humaines, de formation et de promotion, y compris dans le secteur public.
Aurélie Dudézert, dans un entretien, souligne que les directions d’organisations peinent à mesurer l’impact réel des transformations (notamment numériques et organisationnelles) sur le travail et sur les collectifs. Cette difficulté à évaluer les effets concrets des changements limite la capacité à ajuster les politiques internes et à anticiper leurs conséquences sociales, ce qui est pertinent pour les démarches d’évaluation des politiques publiques en matière d’emploi et de travail.
Enfin, Clément Ruffier s’intéresse aux relations entre managers et représentants du personnel, montrant qu’ils peuvent se « compléter » lorsque leurs rôles sont clairement définis et articulés. L’article met en évidence le potentiel de coopération entre ligne managériale et représentation collective pour réguler le travail, traiter les tensions et accompagner les transformations, en lien avec les enjeux de dialogue social et de négociation collective.
L’ensemble de ce dossier, produit par la revue Cadres CFDT, met ainsi en lumière des problématiques transversales aux secteurs privé et public : reconnaissance et moyens accordés au management de proximité, articulation entre transformation organisationnelle et conditions de travail, qualité du dialogue social, gouvernance des compétences et évaluation des impacts des réformes sur le travail. Aucune donnée chiffrée spécifique ni comparaison internationale détaillée ne sont présentées dans les éléments disponibles. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
