Flexible working and teleworking: The effects on the quality of working time in the EU

Un rapport publié en juillet 2026 par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), fondé sur les contributions de son Réseau de correspondants nationaux, analyse les transformations récentes de l’organisation du temps de travail dans l’Union européenne. Il s’agit d’une synthèse de la littérature existante sur les effets des formes flexibles de travail, en particulier le télétravail et le travail hybride, sur la qualité du temps de travail.

Le rapport constate une hétérogénéité croissante des modalités d’organisation du temps de travail entre les États membres et au sein de chacun d’eux. Le modèle traditionnel de travail à temps plein, en présentiel et selon des horaires fixes, recule au profit d’une demande accrue de flexibilité. Cette flexibilité recouvre le temps partiel, la réduction ou la compression du temps de travail, les horaires variables, le télétravail et les formes hybrides combinant travail sur site et à distance. La numérisation est identifiée comme un levier central de cette évolution, en permettant de dissocier l’activité professionnelle de lieux et d’horaires fixes et en rendant possible le travail à domicile ou depuis d’autres lieux pour une part importante de la population active.

Le rapport observe une convergence, dans l’ensemble des États membres, vers des modèles hybrides de travail combinant généralement deux ou trois jours de télétravail avec une présence sur site le reste du temps. La réduction du temps de trajet apparaît comme un bénéfice majeur pour les travailleurs. Toutefois, l’utilisation de ce temps gagné diffère selon le genre : les hommes le consacreraient plus souvent aux loisirs, tandis que les femmes l’utiliseraient fréquemment pour le travail domestique non rémunéré ou les tâches de soins aux proches. Cette différence de réaffectation du temps est un élément important pour l’analyse des inégalités de genre en matière de répartition des tâches et de charge globale de travail.

L’analyse met également en avant plusieurs risques associés à ces formes flexibles d’organisation du temps de travail. Parmi les principales préoccupations figurent l’intensification du travail, le morcellement des journées et l’exigence implicite ou explicite d’une disponibilité quasi permanente. Les modèles flexibles sont souvent associés à un allongement de la durée effective du travail, à un recours accru aux heures supplémentaires et à un brouillage des frontières entre vie professionnelle et vie privée. Le rapport souligne l’émergence ou le renforcement d’une culture de « connexion permanente », particulièrement marquée dans les contextes de télétravail et de travail hybride, avec des attentes de disponibilité au-delà des horaires contractuels.

Ces évolutions sont jugées problématiques pour la qualité du repos et la mise en œuvre effective du droit au repos et à la déconnexion numérique. Elles sont susceptibles d’avoir des effets négatifs sur la santé et le bien-être des travailleurs. Les constats présentés revêtent un intérêt direct pour le suivi des politiques publiques relatives au temps de travail, à la prévention des risques psychosociaux, à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la régulation du télétravail dans les États membres de l’Union européenne, y compris en France. Le rapport se limite toutefois à une synthèse de la littérature et à des observations comparatives, sans détailler de mesures nationales spécifiques ni proposer de recommandations normatives explicites. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite​

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