Dépollution de l’eau potable stratégies et pistes de financement IGAS | Vie publique 

Une mission inter-inspections, mandatée par les ministères sociaux, a évalué l’ampleur des pollutions de l’eau destinée à la consommation humaine par les PFAS et les pesticides, ainsi que les coûts potentiels associés. Elle propose une stratégie d’action graduée et territorialisée, combinant mesures préventives (réduction des émissions à la source, protection des captages) et mesures curatives (nouvelles interconnexions, usines de traitement), afin de protéger les populations tout en contenant l’augmentation inévitable du prix de l’eau. Cette stratégie repose sur une participation renforcée des principaux émetteurs de PFAS et de pesticides au financement de la dépollution.

En 2024, un peu plus de 29 % de la population française a été exposée, via l’eau potable, à des concentrations de pesticides ou de PFAS dépassant les limites de qualité européennes. Les restrictions de consommation de l’eau du robinet pour raisons sanitaires demeurent rares, mais plusieurs facteurs laissent craindre une hausse des non-conformités dans les années à venir : difficultés de mesure exhaustive des pollutions, persistance et usage continu de certaines molécules, extension du périmètre des substances détectées ou réglementées.

La mission souligne le caractère préoccupant de cette situation pour la santé publique, en raison de l’exposition chronique et des effets « cocktail ». Elle note également les conséquences indirectes : fragilisation de l’accès à l’eau (fermeture de captages), impact sur les finances publiques et érosion de la confiance de la population dans l’eau potable.

Les dépassements actuels de normes de qualité sont attribués, pour l’essentiel, à l’usage passé de substances aujourd’hui interdites. La seule réduction des émissions actuelles et le renforcement de la protection des captages, bien que nécessaires pour l’avenir, ne permettront pas de rétablir rapidement la conformité de l’eau potable. Des investissements supplémentaires sont jugés indispensables pour développer de nouvelles infrastructures de traitement et d’interconnexion. La mission relève toutefois les difficultés importantes rencontrées par les collectivités locales pour engager ces investissements.

Les conclusions et propositions de la mission s’appuient sur plus de 300 auditions, incluant élus locaux, habitants de territoires fortement pollués, associations de consommateurs et de protection de l’environnement, ainsi que professionnels de la gestion de l’eau. Elles reposent sur des analyses de données et un benchmark international approfondi, visant à formuler des constats contextualisés et des recommandations présentées comme réalistes et proportionnées. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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