Dépistage du cytomégalovirus au 1er trimestre de la grossesse : prise en charge et suivi

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié le 4 août 2026 une recommandation de bonne pratique relative au dépistage et à la prise en charge de l’infection à cytomégalovirus (CMV) chez les femmes enceintes. Cette recommandation fait suite à l’avis favorable rendu par la HAS en 2025 sur le dépistage du CMV chez les femmes enceintes séronégatives ou de statut sérologique inconnu.

Le document rappelle que près de la moitié de la population française a déjà été infectée par le CMV, le plus souvent de manière asymptomatique ou paucisymptomatique. Lorsque l’infection survient dans les deux mois précédant la conception ou au cours du premier trimestre de grossesse, elle peut être transmise au fœtus et entraîner des séquelles, notamment auditives et neurologiques. La prévalence néonatale de l’infection congénitale à CMV est estimée à environ 0,4 % des naissances et constitue la première cause de handicap congénital d’origine infectieuse.

Les objectifs de la recommandation sont de définir des mesures d’hygiène claires en période préconceptionnelle et pendant la grossesse pour prévenir l’infection, de préciser la prise en charge en cas de dépistage positif afin d’homogénéiser les pratiques professionnelles, et de garantir un accès équitable à une prise en charge de qualité sur l’ensemble du territoire. Les professionnels de santé visés sont les médecins généralistes, sages-femmes, gynécologues-obstétriciens et autres médecins concernés, biologistes médicaux, pharmaciens, échographistes et pédiatres.

La recommandation préconise d’informer toutes les femmes dès le projet de grossesse sur l’infection à CMV, les risques en cas d’infection au début de la grossesse et les mesures de prévention, quel que soit leur statut sérologique, une première infection ne protégeant pas d’une réinfection. Elle prévoit la réalisation d’une sérologie CMV le plus tôt possible dès le projet de grossesse, puis au premier trimestre et avant 14 semaines d’aménorrhée (SA), uniquement chez les femmes séronégatives ou de statut inconnu. Au premier trimestre, lorsque la sérologie est négative, il est recommandé de répéter l’examen toutes les quatre semaines, avec une dernière sérologie entre 13+0 et 14+0 SA.

La HAS indique qu’il ne faut pas réaliser de dépistage chez les femmes ayant déjà été infectées, en raison de l’absence de test fiable pour détecter les infections secondaires. Elle recommande également de ne pas dépister de primo-infection à CMV après 14 SA, le risque de séquelles étant considéré comme quasi nul au-delà du premier trimestre. En cas de primo-infection confirmée pendant la période périconceptionnelle ou au premier trimestre, une consultation dédiée doit être organisée rapidement pour informer la femme ou le couple, évaluer les besoins, discuter d’un traitement antiviral précoce par valaciclovir et organiser l’orientation vers les prises en charge adaptées.

Ces éléments ont des implications en matière de prévention des handicaps congénitaux, d’organisation des parcours de soins pendant la grossesse, de diffusion d’informations préventives auprès des femmes en âge de procréer et de coordination entre professionnels de santé, sous l’égide de la HAS et des ministères chargés de la santé et des affaires sociales. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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