Boues et autres fertilisants contenant des PFAS

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), via son groupe de travail permanent sur la sécurité sanitaire de l’eau, a formulé des recommandations sur la présence de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les boues issues des stations de traitement des eaux usées urbaines ou industrielles. Compte tenu du fait que ces boues sont épandues sur les sols, le HCSP étend son analyse à l’ensemble des matières fertilisantes et d’amendement des sols (MFAS), afin de prendre en compte tous les dépôts volontaires au sol de matières contenant des PFAS et d’intégrer les flux surfaciques annuels totaux dans les plans d’épandage.

Le HCSP souligne l’absence de consensus international sur des valeurs de gestion des PFAS dans les matières épandues au sol. Il estime toutefois possible d’identifier une base commune de molécules à intégrer dans des valeurs réglementaires, devant ensuite être adaptée aux contextes territoriaux, en incluant d’autres PFAS et, le cas échéant, des précurseurs connus, en fonction de leur présence dans les MFAS.

Le HCSP recommande de mettre en œuvre de façon systématique des politiques de réduction à la source de la contamination des eaux usées par les PFAS. Cela implique l’identification et l’élimination des principales sources de rejets de PFAS dans les systèmes de collecte des eaux usées urbaines.

Il préconise de modifier les listes de molécules PFAS à prendre en compte dans les sommes réglementaires et à suivre, en s’appuyant sur une analyse des résultats de campagnes de mesures sur les MFAS. L’objectif est d’améliorer la représentativité et la prise en compte de l’occurrence des PFAS réellement présents dans ces matières.

Le HCSP propose de classer les MFAS en trois catégories. Une première catégorie correspondrait à des niveaux de contamination limités, définis par au moins l’un des critères suivants : somme des 37 PFAS analysés inférieure à 100 µg/kg de matière sèche (MS), ou concentration en PFOA inférieure à 5 µg/kg MS, ou concentration en PFOS inférieure à 10 µg/kg MS, avec des valeurs de flux surfaciques maximaux associées. L’épandage des MFAS de type 1 (et, sous conditions, de type 2) serait autorisé, sous réserve de la protection des zones de captage des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) et d’une limitation des apports annuels globaux.

Pour les aires d’alimentation des captages d’EDCH, le HCSP considère souhaitable de limiter les apports à des MFAS présentant une somme de PFAS inférieure à 2 µg/kg MS. Il recommande également que les propriétaires des terrains recevant ces matières soient informés des concentrations en PFAS mesurées dans les MFAS qu’ils utilisent. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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